ALGER, 8 avril (Xinhua) -- Cinq candidats sont en
lice pour l'élection présidentielle du 9 avril en Algérie contre le chef
de l'Etat Abdelaziz Bouteflika, considéré comme le grand favori de
ce scrutin "sans suspens".
-- Abdelaziz Bouteflika : le président sortant et
artisan de la réconciliation nationale. Né le 2 mars 1937 à Oujda (Maroc)
dans une famille originaire de Tlemcen (ouest), M. Bouteflika a
rejoint en 1956 les rangs de l'Armée de libération nationale (ALN), qui
menait alors la guerre de libération contre la colonisation
française. Après l'indépendance du pays en 1962, il a commencé sa
carrière politique. C'est au poste de ministre des Affaires
étrangères (1963-1979) qu'il a pu mettre en valeur ses qualités
de diplomate rompu et aguerri. Ayant quitté toute fonction publique
après la mort du président Houari Boumédiène en 1978. Elu en 1999 à
la présidence algérienne et réélu en 2004, M. Bouteflika fait de la
réconciliation nationale sa priorité pour sortir ce pays de la "décennie
noire" des années 1990. Au niveau économique, M. Bouteflika a lancé le
Plan de soutien à la relance économique quinquennal (2000 à 2004). Ce plan
de sept millitards de dollars a propulsé la croissance annuelle de
l'économie algérienne au dessus de 5%, et au sommet de 6,3% en 2003.
-- Moussa Touati : Ancien militaire né le 3 octobre
1953 dans la ville de Beni Slimane (au sud d'Alger), Moussa Touati s'est
consacré dans les années 1980 dans la politique, et devient
président fondateur de l'Organisation nationale des enfants de
Chouhada (ONEC). Il a été désigné en 1998 président du Front
national algérien (FNA), parti qui occupera la troisième place lors
des élections législatives et locales de 2007, avec 27 députés. C'est la
première fois qu'il se porte candidat à la présidentielle.
-- Mahand-Oussaïd Belaïd dit Mohamed Saïd : chef du
Parti liberté et justice (PLJ), nouvellement créé, et l'un des
représentants de l'opposition islamique. Né le 20 janvier 1947 d'une
famille originaire du village de Bouadnane, près de Tizi-Ouzou en Kabylie
(Est), Mohamed Saïd Belaïd a fait un parcours dans la presse nationale,
ayant obtenu un diplôme en en sciences politique de l'université d'Alger
en 1971. Journaliste à la télévision nationale et rédacteur en chef de la
revue "Echabab", Mohamed Saïd a été directeur général à l'agence Algérie
Presse Service (APS) de 1981 à 1982 et porte-parole du ministère des
Affaires étrangères de 1982 à 1983. Représentant de l'Algérie auprès
de l'Organisation de la Conférence islamique (OCI) entre 1986 et 1989,
Mohamed Saïd a été nommé ministre plénipotentiaire au ministère des
Affaires étrangères.
-- Mme Louisa Hanoune : seule femme candidat au
scrutin du 9 avril et dirigeante du Parti des travailleurs (PT) et trois
fois élue députée à l'Assemblée populaire nationale (APN, chambre
basse du Parlement algérien). Née en 1954 à Chekfa (est), enseignante
et militante de longue date pour le droit des femmes, la cause
syndicale, la lutte contre la capitalisme et les privatisations,
elle a même été arrêtées deux fois dans les années 1980. Désignée en
1989 comme porte-parole de l'Organisation socialiste des travailleurs
(OST), après la reconnaissance du multipartisme, elle a été élue en octobre
2003 secrétaire général du PT. Elle s'est présentée à la présidentielle
pour la première en 1999, mais son dossier s'est vu rejeter par le Conseil
constitutionnel. Elle s'est présenté à la présidentielle de 2004 (1% des
voix).
-- Ali Fawzi Rebaïne : Né en 1955 à Alger, cet
opticien de profession fonde en 1987 "Ahd 54" (le serment de 1954, début
de la guerre d'indépendance en Algérie), un parti nationaliste. Elu en
avril 1991 à la direction du parti qu'il dirige jusqu'aujourd'hui. Il
a déjà été candidat à l'élection présidentielle de 2004 (0,63% des voix).
-- Mohamed Djahid Younsi : le plus jeune candidat
au scrutin du 9 avril. Né en 1961 à Annaba (est) et professeur à l'Institut
de génie mécanique de Guelma puis président de son
conseil scientifique, il a été député à l'Assemblée populaire
nationale (APN, chambre basse du parlement) et vice-président de
l'organe. Secrétaire général du parti islamique El Islah (réforme) depuis
mar 2007, il est connu pour ses intenses activités
parlementaires, notamment dans le dossier des licenciés et des disparus. Marié et père de
six enfants, il est l'un des initiateurs du projet de la loi incriminant
le colonialisme. Ingénieur en mécanique de l'université de Annaba, il
a obtenu un diplôme d'études approfondies en acoustique de
l'université Pasteur de Strasbourg et un doctorat en robotique de l'université
de Paris.