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Abdelaziz Bouteflika, artisan de la réconciliation nationale et la paix (PORTRAIT)
  2009-04-08 20:05:24  

    ALGER, 8 avril (Xinhua) -- Le président sortant algérien  Abdelaziz Bouteflika, artisan de la réconciliation nationale dans  un pays ravagé dans les années 1990 par des violences extrémistes, est considéré comme le grand favori du scrutin présidentiel prévu  le 9 avril.  

     Elu en 1999 à la présidence algérienne, et réélu en avril 2004, M. Bouteflika, âgé de 72 ans, brigue un troisième mandant de cinq  ans pour assurer la "continuité" de son programme de  réconciliation nationale et de relance économique.  

     M. Bouteflika compte poursuivre la politique de réconciliation  nationale, compris comme étant un processus dynamique et global  qui vise à asseoir définitivement la paix sociale, la  réconciliation des Algériens entre eux et avec leur Etat, a  souligné son directeur de la communication de la campagne,  Bouchouareb Abdeslam, dans un entretien avec Xinhua. 

     La politique de la réconciliation nationale, engagée depuis son accès au pouvoir, a permis à des milliers d'islamistes extrémistes d'abandonner le maquis et la lutte armée. La situation sécuritaire s'est nettement améliorée ces dernières années en Algérie, malgré  des attentats sporadiques perpétrés par des groupes extrémistes.  

     Né le 2 mars 1937 à Oujda (Maroc) dans une famille originaire  de Tlemcen (ouest), M. Bouteflika a rejoint en 1956 les rangs de  l'Armée de libération nationale (ALN), qui menait alors la guerre  de libération contre la colonisation française.  

     Après l'indépendance du pays en 1962, il a commencé sa carrière politique en devenant d'abord député à l'Assemblée constituante,  puis ministre de la Jeunesse, des Sports et du Tourisme. 

     C'est au poste de ministre des Affaires étrangères (1963-1979)  qu'il a pu mettre en valeur ses qualités de diplomate rompu et  aguerri. La politique étrangère impulsée par M. Bouteflika a mené  aux grands succès de la diplomatie algérienne, dont l'échec de  l'embargo contre l'Algérie suite à la nationalisation des  hydrocarbures et la consolidation des organisations du Tiers  Monde. 

     Ayant quitté toute fonction publique après la mort du président Houari Boumédiène en 1978, M. Bouteflika n'a marqué son retour en  politique qu'en 1987. Mais en janvier 1994, il a refusé la  présidence de l'Etat, attribuée alors au général Liamine Zéroual.  

     Après son arrivée à la magistrature suprême, M. Bouteflika a  fait de la réconciliation nationale sa priorité pour sortir ce  pays de la "décennie noire" des années 1990 marquées par des  attaques terroristes qui ont fait au moins 150.000 morts, sans  compter une perte économique considérable.  

     Pour lui, il est impossible d'initier une politique  d'édification et de construction du pays sans la sérénité et la  paix.  

     Il a organisé notamment deux référendums dont le premier  portant sur la "Concorde civile" en 1999 a permis la reddition de  milliers d'extrémistes, et le second sur la "Charte pour la paix  et la réconciliation" en 2005 vise à tourner définitivement la  page du terrorisme et à renforcer la cohésion nationale.  

     Au niveau économique, M. Bouteflika a lancé le Plan de soutien  à la relance économique quinquennal (2000 à 2004). Ce plan de sept millitards de dollars a propulsé la croissance annuelle de  l'économie algérienne au dessus de 5%, et au sommet de 6,3% en  2003. Il a par ailleurs entamé une réforme fiscale participant au  redressement économique.  

     L'Algérie enregistre depuis plusieurs années de bonnes  performances économiques caractérisées par l'accélaration de la  croissance hors hydrocarbures et la réduction du chômage, la  quasi-élimination de l'endettement extérieur, et d'importants  surplus extérieurs et budgétaires, a indiqué une mission du Fonds  monétaire international (FMI), à l'issue d'une visite en novembre  dernier dans le pays.  

     Avec ses réalisations en matière de réconciliation nationale et de redressement économique, M. Bouteflika est presque sûr d'être  réélu président algérien, d'autant plus qu'il bénéficie d'un  soutien ferme des trois partis politiques (FLN, RND et MSP), et de l'aide d'une machine électorale efficace, estiment des analystes.