PRAGUE, 5 avril (Xinhua) --
Les dirigeants de l'Union européenne (UE) et des États-Unis ont terminé
dimanche leur sommet d'une journée à Prague (République tchèque) en
promettant de renforcer leur coopération transatlantique dans l'avenir.
"Il y a en effet une grande volonté des deux côtés
de renforcer leurs relations très importantes", a déclaré le président de
la Commission européenne, José Manuel Barroso, lors d'une conférence
de presse à l'issue du sommet entre l'UE et les Etats-Unis à
Prague.
Le nouveau sommet est intervenu après le sommet du
G20 du 2 avril à Londres, et après le sommet de l'Otan des 3 et 4 avril à
Strasbourg en France, puis dans les villes allemandes de Baden-Baden
et Kehl.
M. Barroso a fait savoir que le sommet entre M.
Obama et les dirigeants des membres de l'UE portaient sur trois principaux
défis à relever : le changement climatique, la sécurité énergétique
et le commerce.
Il y a une convergence renforcée entre l'Europe et
les Etats-Unis sur la lutte mondiale contre le changement climatique,
et les deux parties ont accepté d'intensifier davantage la
coopéreron, a-t-il affirmé.
"L'Union européenne et les États-Unis doivent aussi
travailler ensemble pour aider les pays en développement à atteindre leurs
propres objectifs en matière de réduction des émissions", selon
un document publié après le sommet UE-USA.
"Ensemble, l'UE et les États-Unis seront en position
forte pour rassembler les principaux acteurs internationaux et les pays
émergents et pour atteindre des résultats ambitieux aux négociaitons
de l'ONU à Copenhague plus tard cette année", indique le document.
Plus tôt dimanche, M. Obama a déclaré dans son
"premier discours public en Europe" que les États-Unis sont prêts à
prendre le leadership dans la lutte contre le changement climatique.
"Afin de protéger notre planète, le temps est venu
de modifier la façon dont nous utilisons l'énergie", a dit M. Obama,
devant un rassemblement dans le centre-ville de Prague. "Je vous promets
que dans cet effort global les États-Unis sont maintenant prêt à
diriger", a-t-il affirmé.
En ce qui concerne l'augmention du commerce, l'UE et
les Etats-Unis ont dit qu'ils maintiennent leur engagement de tirer
une conclusion ambitieuse et équilibrée des négociations
commerciales globales du cycle de Doha, entrées dans l'impasse.
Dans le document conjoint, les dirigeants américain
et européen appellent la République populaire démocratique de Corée (RPDC)
à "abandonner leurs programmes des armes nucléaires", à "respecter
les normes reconnues régissant les relations internationales", et à
"oeuvrer pour promouvoir la paix et la stabilité en Asie du
Nord-Est".
Le document, publié dimanche après le lancement par
la RPDC d'une fusée transportant un satellite de communications.
En ce qui concerne l'Iran, l'autre pays qui a été
accusé par les gouvernements occidentaux de développer secrètement des
armes nucléaires, l'UE et les États-Unis ont affirmé la volonté de
chercher l'engagement et les relations constructives avec
Téhéran.
Mais ils ont dit qu'il y a une préocupation
croissante sur l'échec de l'Iran de respecter des obligations
internationales dans le domaine nucléaire, ajoutant qu'ils continueront à
travailler avec d'autres parties sur une approche de deux volets.
Téhéran a toujours démenti l'accusation, disant que
ses programmes nucléaires sont seulement à des fins pacifiques.
En ce qui concerne l'Afghanistan, les dirigeants ont
convenu qu'une nouvelle augmentation des capacités de formation de la
police afghane doit être assurée, ainsi que l'intensification et la
coordination de l'aide dans les domaines du renforcement des capacités, de
la bonne gouvernance, du système juridique et du développement économique.
Bien que les pays européens aient soutenu la
nouvelle stratégie sur la guerre en Afghanistan, ils sont encore réticents
à faire de véritables contributions en envoyant plus de troupes de combat
au pays, malgré les appels répétés de Washington.
S'agissant du Moyen-Orient, ils ont souligné que la
paix dans la région exige une solution globale par le biais d'un règlement
juste et durable du conflit dans tous ses volets. "L'UE et les
États-Unis soutiennent un cessez-le-feu durable, la réconciliation et
un gouvernement dans les territoires palestiniens", ont-ils ajouté.
Malgré le réchauffement des relations
transatlantiques, des analystes ont déclaré que l'essentiel de la
politique de la Maison Blanche sur les relations avec l'UE n'a pas changé.
"La musique a déjà complètement changé dans sa
manière de traiter les relations transatlantiques. Les européens admirent
et préfèrent M. Obama et le trouver facile à parler", a déclaré
Stanley Crossick, ancien président du Centre de la politique
européenne basé à Bruxelles, dans une interview à Xinhua.
"Toutefois, cela ne signifie pas que la substance
politique a certainement changé", a-t-il dit.
M. Crossick a indiqué que le fait que la visite de
M. Obama est un "évènement important" ou non pour les relations
transatlantiques "ne dépendra pas des mots ou des communiqués, mais
du fait qu'il y a une compréhension réciproque claire et une action
convenue".