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Un économiste togolais appelle à la défense d'intérêt des pays pauvres (INTERVIEW)
  2009-04-05 08:17:59  

     LOME, 4 avril (Xinhua) -- Le sommet du G20 à Londres n'a  défendu que l'intérrêt des grandes banques et des grandes  entreprises, qui vont s'enfoncer dans de graves problèmes, a  averti samedi l'économiste et universitaire togolais Koffi Sodokin, dans une interview exclusivement accordée à l'Agence Xinhua. 

     "Ceux qui se sont réunis à Londres ont défendu finalement  l'intérrêt des grandes banques, des grandes entreprises qui sont  américaines, européennes qui ont déjà des problèmes et qui vont  s'enfoncer à nouveau dans de graves problèmes", a déclaré Koffi  Sodokin, économiste togolais et enseignant à l'Université de Lomé. 

     Selon cet économiste, c'était pour éviter ce qu'on va appeler  une "crise de surendettement" qui va amener encore à une  déconfiture du système financier mondial. 

     Il a estimé que la réunion du G20 à Londres doit être  considérée comme un "début de table-ronde" pour trouver des  solutions aux problèmes que vit le monde actuellement, indiquant  qu'il faut que cette table-ronde appelle à d'autres table-rondes  pour pouvoir "discuter véritablement de vrais problèmes" que le  monde vit aujourd'hui.  

     "Ce n'est qu'à cette condition-là que les pays riches dans  leurs efforts peuvent accompagner les pays en développement dans  leur stratégie de lutte contre la pauvreté", a-t-il justifié. 

     Pour Dr. Sodokin, par rapport aux fonds destinés à sauver les  pays émergents, la question qui reste posée est de savoir si les  dispositions prises par cette réunion pour mettre en place un  nouvel ordre économique mondial doivent "mettre de côté" une  catégorie de pays faisant partie de la mondialisation ou les  intégrer.  

     Il précise que les nouveaux fonds qui vont être mis à la  disposition du FMI ont pour but d'éviter qu'il n'y ait une crise  au niveau des pays émergents qui pourrait finalement plomber tous  les efforts faits aujourd'hui, et de sauver le système monétaire  international. 

     "C'est une bonne chose mais cela me semble laisser de côté les  pays très pauvres parce que le problème aujourd'hui c'est une  bonne répartition des revenus mondiaux", a-t-il relevé,  avertissant que si ces revenus ne sont pas bien répartis, il y  aura toujours des problèmes de pauvreté. 

     "Quand le revenu mondial n'est pas bien réparti et que vous  avez des parties de la population mondiale qui sont restées  pauvres, la conséquence sera l'émergence des groupes terroristes  qui tentent de mettre à mal le bon fonctionnment de ce système  mondial", a estimé l'économiste Sodokin. 

     Il a fait savoir que l'objectif de ces fonds n'est pas précisé  et que cela est "inquiétante". 

     "Il n'y a pas de manière précise de nouvelles règles", a-t-il  par ailleurs ajouté, notant qu'il y a un "volontarisme" de réguler le système financier internatinonal, mais qu'on n'a pas mis  l'accent sur ce qu'il fallait faire en terme de régulation des  marchés internationaux. 

     Pour lui, on n'a pas de règles précises en terme de ce qui doit déterminer désormais le fonctionnment des marchés financiers aux  Etats-Unis, en Chine, au Japon, en Europe etc, et également les  questions de rémunération des traders, la question des parachutes  dorées et des stocks options.  

     Par ailleurs, sur la décision du G20 concernant les paradis  fiscaux, Dr. Sodokin reconnaît qu'il y a des efforts qui ont été  faits étant donné que certains paradis fiscaux ont été identifiés  et qu'on a demandé aux Etats qui les abritent de revoir les règles de fonctionnement de ces paradis fiscaux, mais avec l'objectif de  pouvoir garder la fiscalité dans les pays d'origine des  entreprises. 

     L'universitaire togolais Sodokin a qualifié la décision de " bénéfique et salutaire" pour beaucoup de pays aussi bien  développés qu'en développement, faisant remarquer cependant qu'il  faut faire des "efforts supplémentaires" pour que les règles à cet effet soient "plus précises" et qu'on puisse mettre "véritablement " des garde-fous pour éviter une crise prochaine.