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Un économiste togolais qualifie de "salutaire" le discours du président Hu Jintao au sommet du G20
  2009-04-05 08:06:38  

     LOME, 4 avril (Xinhua) -- L'économiste togolais Koffi Sodokin, enseignant à l'Université de Lomé au Togo, a qualifié de "social"  et "salutaire" le discours du président chinois Hu Jintao sur la  régulation financière internationale au sommet du G20 tenu jeudi à Londres, lors d'une interview exclusivement accordée samedi à  l'Agence Xinhua. 

     "Le président chinois a fait un discours qu'on peut appeler un  discours social", a dit Koffi Sodokin, docteur en économie et  enseignant à l'Université de Lomé. 

     "En mon sens, le discours du président Hu Jintao est un  discours salutaire notamment par rapport à ses déclarations sur la régulation financière internationale", a-t-il ajouté, expliquant  que la question de la régulation s'était posée lorsqu'il fallait  créer les Institutions de Bretton Woods. 

     Selon cet universitaire togolais, la question était de  déterminer le modèle de régulation, le modèle d'ajustement pour la  finance internationale, à un moment où, des plans John Keynes et  Harry White s'affrontant, le choix a été porté sur le plan White  fondé sur le "carcan néo-libéral" où on devait laisser le marché  fonctionner et qui est le fondement du fonctionnement du FMI et de la Banque mondiale jusuqu'à maintenant.  

     Dr. Sodokin a estimé que le plan Keynes, proposant la mise en  place d'un système de solidarité permettant de faire la  compensation directe entre les excédents et les déficits de tous  les pays qui allaient faire partie d'un système monétaire  international, n'a pas été retenu parce qu'on avait pensé que des  grands pays comme les Etats-Unis allaient faire beaucoup de  sacrifices et que de petits pays allaient bénéficier de ces  sacrifices. 

     "Aujourd'hui, le monde a besoin d'une régulation  internationnale assez approfondie", a-t-il souligné, fustigeant le fait que les avertissements des organisations altermondialistes  n'avaient pas été écoutées. 

     "Il a fallu une crise hypothécaire aux Etats-Unis qui  finalement s'est étendue au monde entier pour que les  gouvernements les plus puissants de ce monde se rendent compte du  fait que véritablement le monde va mal", a relevé cet économiste  togolais.  

     A son avis, le FMI et la Banque mondiale n'ont pas joué " véritablement leur rôle d'ajustement" comme cela devait l'être.  Dans ce sens, il souligne que la disposition de la réunion du G20  qui consiste à renforcer la position financière du FMI pour lui  permettre de venir en aide aux pays non industrialisés est " salutaire" mais que le problème "reste profond". 

     "Le FMI reste le FMI avec ses dogmes néo-libéraux qui  conditionnent son fonctionnement", a-t-il insisté, expliquant que  les fonds mis à la disposition de cette institution "ne sont pas  destinés à aider les pays les plus pauvres, mais plutôt à sauver  les pays émergents".  

     "Le problème reste toujours. Si on sauve les pays émergents  pour éviter qu'il n'y ait de problèmes à leur niveau qui pourrait  affecter la finance internationale, quel est le plan d'aujourd'hui du G20 en ce qui concerne les pays dits pauvres comme le Togo, le  Bénin, la Côte d'Ivoire, le Sénégal, etc", s'est-il interrogé. 

     Dr. Sodokin rappelle qu'il y a sans doute les initiatives PPTE  (Programme pour pays très endettés) et le programme FRPC du FMI ( Facilité de réduction de la pauvreté et pour la croissance), mais  qu'on est dans une nouvelle disposition où les pays sous  développés ou très pauvres ont également besoin d'un plan quand  les fonds mis à la dispostions du FMI ne sont destinés qu'aux pays émergents. 

     "Il faut savoir que le monde fait un tout et que le problème  peut surgir de toute part", a-t-il averti, soulignant que c'est  dans ce sens que le discours du président Hu Jintao est un  discours "salutaire".  

     "Dans son discours, on peut noter une petite nuance par rapport à ce que le G20 a déclaré, du fait qu'il met l'accent sur les pays en développement alors que le G20 met l'accent sur les pays  émergents", a-t-il fait remarquer, indiquant qu'il faut que le  plan de "sauvetage" de la finance mondiale soit "vraiment global"  de manière qu'il implique plus, encore dans deux ou trois ans, de  peuples des pays qui soient confrontés à des problème de "pauvreté extrême".