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Burkina Faso : menace de grève illimitée des enseignants
  2009-04-03 08:44:17  

     OUAGADOUGOU, 2 avril (Xinhua) -- Le Syndicat national des  Enseignants-chercheurs (SYNADEC) du Burkina Faso a menacé  d'observer à partir du 8 avril prochain, une grève illimitée  jusqu'à la satisfaction de sa plate forme revendicative, annonce  jeudi un préavis de grève adressé au président burkinabé,  président du Conseil des ministres. 

     Le 5 décembre 2008, rappelle-t-on, le SYNADEC a déposé un  préavis de grève autour de deux points de revendication : la  revalorisation du statut de l'enseignant-chercheur et le paiement  de la dette sociale.  

     Le gouvernement, après plusieurs rencontres avec le SYNADEC, a  décidé d'apurer la dette sociale, d'accepter le principe de la  revalorisation du statut de l'enseignant-chercheur et d'engager  des négociations avec ce syndicat.  

     Les enseignants-chercheurs, pour montrer leur disponibilité au  dialogue social et leur sens de la responsabilité, ont, au cours  de l'assemblée générale du 31 janvier 2009, décidé de suspendre le mot d'ordre de grève et de reprendre les activités académiques  après que le gouvernement eût satisfait les deux conditions  exigées par les enseignants-chercheurs. 

     C'est ainsi que le 16 février 2009, les négociations ont débuté dans une atmosphère sereine et de confiance réciproque.  

     Mais durant trois semaines de négociation, les représentants de la partie syndicale ont relevé, de la part de la partie  gouvernementale, l'absence de volonté réelle d'aller vers la  revalorisation effective du statut de l'enseignant-chercheur au  Burkina Faso.  

     Cette absence de volonté résulte du recours systématique aux  trois arguments standards que sont le barrage de textes conçus  suivant une approche systématique et dont l'éventuel amendement  est problématique, le risque d'avalanches de revendications des  autres corps de la Fonction publique pour l'amélioration de leurs  conditions de vie et l'insuffisance des ressources financières de  l'Etat. 

     Au regard de ces arguments qui relèvent de manoeuvres  dilatoires, les représentants de la partie syndicale constatant,  par ailleurs, qu'après trois semaines de négociation, aucune  avancée notable n'était perceptible, ont décidé d'interrompre le  processus de négociation et de rendre compte à la base du syndicat au cours d'une assemblée générale. 

     L'assemblée générale qui s'est tenue le jeudi 19 mars 2009 a  regretté l'impasse dans laquelle se sont enlisées les négociations, situation imputable à la partie gouvernementale qui a affiché un  manque de volonté notoire de faire évoluer, de façon significative, positive et conséquente, le dossier de la revalorisation du statut de l'enseignant-chercheur.  

     Dans ce contexte, l'assemblée générale, à l'unanimité, a  réaffirmé la nécessité de reprendre la grève en déposant le  présent préavis, tout en soulignant la disponibilité du SYNADEC à  poursuivre de vraies négociations avec une équipe ayant réellement voix délibérante pour engager la partie gouvernementale sur la  question de la revalorisation effective du statut de l'enseignant- chercheur. 

     La grève consiste en un arrêt total de toutes les activités  pédagogiques et concerne le personnel enseignant permanent de  toutes les universités et de tous les instituts d'enseignement  supérieur publics du Burkina Faso (Universités de Ouagadougou, de  Ouaga II, de Bobo-Dioulasso, de Koudougou et l'Institut des  sciences).  

     La grève prendra effet pour compter du 8 avril 2009 à zéro  heure et durera jusqu'à la signature d'un accord entre le SYNADEC  et le gouvernement.