OUAGADOUGOU, 2 avril (Xinhua) -- Le Syndicat
national des Enseignants-chercheurs (SYNADEC) du Burkina Faso a menacé
d'observer à partir du 8 avril prochain, une grève illimitée jusqu'à
la satisfaction de sa plate forme revendicative, annonce jeudi un préavis
de grève adressé au président burkinabé, président du Conseil des
ministres.
Le 5 décembre 2008, rappelle-t-on, le SYNADEC a
déposé un préavis de grève autour de deux points de revendication : la
revalorisation du statut de l'enseignant-chercheur et le paiement de
la dette sociale.
Le gouvernement, après plusieurs rencontres avec le
SYNADEC, a décidé d'apurer la dette sociale, d'accepter le principe de la
revalorisation du statut de l'enseignant-chercheur et d'engager des
négociations avec ce syndicat.
Les enseignants-chercheurs, pour montrer leur
disponibilité au dialogue social et leur sens de la responsabilité, ont,
au cours de l'assemblée générale du 31 janvier 2009, décidé de suspendre
le mot d'ordre de grève et de reprendre les activités académiques
après que le gouvernement eût satisfait les deux conditions exigées
par les enseignants-chercheurs.
C'est ainsi que le 16 février 2009, les négociations
ont débuté dans une atmosphère sereine et de confiance réciproque.
Mais durant trois semaines de négociation, les
représentants de la partie syndicale ont relevé, de la part de la partie
gouvernementale, l'absence de volonté réelle d'aller vers la
revalorisation effective du statut de l'enseignant-chercheur au
Burkina Faso.
Cette absence de volonté résulte du recours
systématique aux trois arguments standards que sont le barrage de textes
conçus suivant une approche systématique et dont l'éventuel amendement
est problématique, le risque d'avalanches de revendications des
autres corps de la Fonction publique pour l'amélioration de leurs
conditions de vie et l'insuffisance des ressources financières de
l'Etat.
Au regard de ces arguments qui relèvent de
manoeuvres dilatoires, les représentants de la partie syndicale
constatant, par ailleurs, qu'après trois semaines de négociation, aucune
avancée notable n'était perceptible, ont décidé d'interrompre le
processus de négociation et de rendre compte à la base du syndicat au
cours d'une assemblée générale.
L'assemblée générale qui s'est tenue le jeudi 19
mars 2009 a regretté l'impasse dans laquelle se sont enlisées les
négociations, situation imputable à la partie gouvernementale qui a affiché
un manque de volonté notoire de faire évoluer, de façon
significative, positive et conséquente, le dossier de la revalorisation du
statut de l'enseignant-chercheur.
Dans ce contexte, l'assemblée générale, à
l'unanimité, a réaffirmé la nécessité de reprendre la grève en déposant le
présent préavis, tout en soulignant la disponibilité du SYNADEC à
poursuivre de vraies négociations avec une équipe ayant
réellement voix délibérante pour engager la partie gouvernementale sur la
question de la revalorisation effective du statut de
l'enseignant- chercheur.
La grève consiste en un arrêt total de toutes les
activités pédagogiques et concerne le personnel enseignant permanent de
toutes les universités et de tous les instituts d'enseignement
supérieur publics du Burkina Faso (Universités de Ouagadougou, de
Ouaga II, de Bobo-Dioulasso, de Koudougou et l'Institut des
sciences).
La grève prendra effet pour compter du 8 avril
2009 à zéro heure et durera jusqu'à la signature d'un accord entre le
SYNADEC et le gouvernement.