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A l'âge de 60 ans, l'Otan face à des choix de concept stratégique  (ANALYSE)
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A l'âge de 60 ans, l'Otan face à des choix de concept stratégique  (ANALYSE)
  2009-04-03 08:25:12  

      STRASBOURG (France), 2 avril (Xinhua) -- Le sommet de l'Otan  vendredi et samedi à Strasbourg (France) et Kehl (Allemagne)  marque le 60e anniversaire de l'Alliance atlantique, qui, 20 ans  après la Guerre froide, est en train de définir un nouveau concept stratégique. 

     Pour ce premier sommet organisé conjointement par deux membres  (Allemagne et France)dans son histoire, l'Otan a inscrit à l'ordre du jour des sujets tels que l'Afghanistan, les relations avec la  Russie, le rapprochement de la France et ses conséquences sur les  relations entre l'Otan et l'Union européenne, ainsi que la  préparation d'un nouveau concept stratégique pour l'Alliance. 

     A part la question d'Afghanistan, plutôt opérationnelle mais  cruciale pour la crédibilité de l'Otan, les autres sujets sont  plutôt liés à des choix stratégiques profonds.  

     Le choix d'organiser un sommet sur les deux côtés du Rhin  semble vouloir illustrer la réussite de la réconciliation  européenne et l'importance du couple franco-allemand en Europe  aussi bien que sur la scène internationale. 

     La France officialise à cette occasion son retour complet à  l'Otan. Elle l'avait conditionné par ailleurs par une avance  substantielle dans la constructin de l''Europe de la défense".  

     Le président français Nicolas Sarkozy a convaincu ses  concitoyens que la France serait "plus influente" au sein de  l'Alliance atlantique, que ce soit en matière de prise de décision et de l'élaboration du nouveau concept stratégique.  

     L'UE arrivera-t-elle à prendre un poids plus important au sein  de l'alliance, alors que le rapport de force a changé de manière  substantielle dans la relation entre les deux rives de  l'Atlantique? Un choix pour Bruxelles aussi bien que Washington. 

     Le secrétaire général de l'Otan Japp de Hoop Scheffer a déclaré jeudi après-midi devant les dirigeants du futur à Strasbourg  qu'une relation de maturité devrait être établie entre l'Otan et  la Russie. 

     Sur des questions tels que la lutte contre le terrorisme, la  sécurité énergétique, ou l'Afghanistan, la coopération de la  Russie semble être indispensable. Le débat à ce sujet et sur  l'élargissement de l'Otan doit être acharné au sommet  Strasbourg-Kehl. 

     Le conflit d'août dernier en Géorgie, interprété de différentes façons, a néanmoins suscité une attention particulière sur la  relation entre la Russie et l'Otan.  

     "Il est clair que nous ne permettrons pas à la Russie  d'entraver l'élargissement de l'Otan. Ce processus est un élément  essentiel de notre objectif qui consiste à consolider l'Europe en  tant qu'espace de sécurité unifié et démocratique - un objectif  qui n'est pas négociable. Mais les relations entre l'Otan et la  Russie sont trop précieuses pour les laisser s'enliser dans des  discussions relatives à l'élargissement ou, a fortiori, à la  défense antimissile ou au Kosovo", écrit récemment le secrétaire  général de l'Alliance militaire dans la "Revue de l'Otan".  

     En 1949, les alliés se sont engagés dans un mécanisme de  "sécurité collective" en Europe. Aujourd'hui, l'Alliance maintient la paix au Kosovo, elle s'est engagéeprofondément en Afghanistan,  elle forme des forces de sécurité iraquiennes et fournit un  soutien à l'Union africaine. 

     Elle est devenue une organisation politique aussi bien que  militaire, pour la défense des "valeurs communes" en Europe aussi  bien que dans d'autres régions de la Planète, estiment certains  analystes.  

     "L'Otan doit étouffer ces ambitions dans l'?uf et reconnaître  que toute initiative visant à faire de l'organisme une Alliance  mondiale de démocraties ne fera qu'accélérer sa perte, et non son  renouveau", écrit pourtant Charles Kupchan, membre du "Council of  Foreign Relations", dans le dernier numéro de la Revue de l'Otan.  Il invite les membres de l'Otan à "faire preuve de réalisme et de  sobriété". 

     Dans la préparation du nouveau concept de l'Alliance atlantique, la question de l'Afghanistan représente plutôt un "champ  d'expérimentation".  

     Selon Kees Homan, un spécialiste hollandais dans les relations  internationales, seules les troupes américaines, canadiennes,  britanniques et hollandaises sont sur le front de combat avec les  talibans, alors que la France, l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne  évitent d'engager leurs troupes directement sur les champs de  bataille en Afghanistan.  

     La définition d'une nouvelle stratégie en Afghanistan, où  l'Otan doit absolument réussir, sera un défi pour les membres de  l'alliance réunis à Strasbourg et à Kehl. Et la définition d'un  nouveau concept stratégique n'en est pas moins, vu la différence  des intérêts des membres de l'Otan.