LONDRES, 31 mars (Xinhua) -- Les meneurs du G-20
doivent agir ensemble lors du sommet de Londres afin de trouver des
solutions à l'actuelle crise financière mondiale, éventuellement le pire
effondrement économique depuis les années 1930, a estimé un
commentateur économique britannique dans un entretien accordé il y a
peu à Xinhua.
Alex Brummer, auteur du livre récemment publié
"L'effondrement : comment l'avidité et l'incompétence ont suscité la crise
du crédit", est depuis mai 2000 le rédacteur financier du Daily Mail
(Londres), où il rédige une colonne quotidienne sur l'économie et la
finance.
Au cours de l'entretien, M. Brummer a averti les
dirigeants du monde de ne pas répéter l'échec du sommet de 1933 à
Londres.
A l'apogée de la grande Dépression en 1933, plus de
1.000 dirigeants mondiaux et responsables financiers n'ont pu parvenir
à un accord lors de la Conférence économique mondiale qui a duré
six semaines à Londres.
Il est très important cette fois-ci pour les
dirigeants du monde d'"agir en commun", a-t-il souligné, ajoutant qu'un
accord sur les stimulations fiscales, le libre-échange et les
régulations bancaires consistera en trois mesures majeures pour évaluer
l'efficacité du sommet du G-20.
"L'envergure des stimulations fiscales sera la
grande mesure du succès ou de l'échec du G-20. Mais comme nous sommes
proches du sommet, il devient absolument clair que la plupart des pays,
notamment les pays de l'Europe occidentale, ne voudront pas être
pressés par cette question. Ils veulent le faire à leur façon", a
souligné M. Brummer.
M. Brummer a mis l'accent sur l'importance du
libre-échange sur fond de l'actuelle crise financière. Il est tout à fait
important que "personne ne recule derrière la barrière commerciale",
a-t-il signalé, appelant le G-20 à soutenir le libre-échange dans le
monde.
En outre, il a appelé à une régulation bancaire
beaucoup plus ferme afin d'aider à résoudre la crise financière, née sur
le marché financier occidental.
Concernant la réforme des institutions financières
internationales, M. Brummer a indiqué qu'il doit y avoir
"quelques redistributions de quotas, de droits de vote, et de critères de
l'adhésion au Fonds monétaire international (FMI)".
"Les anciennes puissances... détiennent trop de
votes au FMI et évidemment c'est une nécessité de redistribuer les quotas,
les droits de vote et les critères de l'adhésion au FMI. Et cela doit
arriver à un certain point", a-t-il souligné.
Cependant, il a averti que ce sera un processus
très lent parce que les anciennes puissances européennes sont très réticentes
à céder leur droit de vote.