LONDRES, 30 mars (Xinhua) -- Les leaders du G20, qui
regroupe les principaux pays développés et émergents, se réuniront jeudi à
Londres pour débattre de la crise financière et de l'économie
mondiale.
Voici une brève présentation de la position commune
de l'Union européenne (UE) lors de cet évènement, élaborée par les membres
du bloc au début de ce mois.
1. La coordination des mesures de stimulation
fiscale
L'UE soutient la coordination internationale
continue des mesures de stimulation fiscale, mais elle s'oppose à un appel
lancé par les Etats-Unis à renforcer son plan de stimulation
fiscale.
L'UE a estimé que la priorité était de restaurer le
fonctionnement du marché du crédit et de faciliter la circulation du
prêt dans l'économie.
2. Meilleur plan de régulation du marché
financier
L'UE s'efforce de parvenir à un accord pour
s'assurer de plans de régulation bien choisis et de la surveillance de
tous les marchés financiers, des produits et des participants qui
présenteront un risque systémique.
La coopération internationale en matière de
supervision financière doit être améliorée. L'UE appelera en particulier à
un établissement rapide des collèges chargés de la supervision de
toutes les grandes institutions financières transfrontalières avant
la fin de l'année 2009.
3. La réforme des institutions financières
internationales
L'UE veut améliorer les instruments de supervision
du Fonds monétaire international (FMI) en vue de renforcer son rôle
important dans la prévention de la crise, avec le Forum de Stabilité
financière internationale (FSF).
Elle a appelé à une importante augmentation durable,
au moins un doublement, des ressources de prêts du FMI, pour que le fonds
puisse aider ses membres qui ont des difficultés de balance des
paiements dans le contexte de la crise. Les pays membres de l'UE
sont déjà prêts à accorder 75 milliards d'euros (99 milliards de
dollars) au FMI sous forme de prêt.
Le bloc des 27 pays soutient également la réforme de
la gouvernance des institutions financières internationales. Il a
convenu d'accorder plus de pouvoir aux pays émergents au FMI et
de soutenir l'élargissement du FSF à tous les membres du G20, à
l'Espagne et à la Commission européenne.
L'UE espère également trouver un consensus sur une
charte internationale pour les activités économiques durables, une
première étape vers l'établissement de standards de gouvernance
commerciale.
4. Pas de protectionnisme et un fonds de financement
du commerce international
L'UE souhaite que les membres du G20 s'engagent
fermement à maintenir l'ouverture de leurs machés et évitent toutes les
formes de mesures protectionnistes.
Elle a appelé à une conclusion rapide du round de
Doha de négociations sur le commerce mondial, suspendu depuis longtemps,
et soutenu une initiative multilatérale sur le financement du
commerce international.
Le Premier ministre britannique Gordon Brown, le
pays hôte du sommet, a indiqué qu'il proposerait de créer un fonds mondial
de 100 milliards de dollars destiné à financer le commerce
international.
5. Soutenir les pays en voie de développement
L'UE a estimé que le G20 devait honorer son
engagement d'augmenter l'assistance au développement, de mettre en oeuvre
l'initiative d'aide pour le commerce et d'accorder un accès hors
taxes et hors quotas aux pays les moins développés à leurs marchés.
Le bloc de 27 pays travaillera pour que les banques de développement
multilatérales puissent contribuer à lutter contre les effets de la crise
dans les pays en voie de développement.
Bien que l'UE espère parler d'une même voix au
Sommet du G20 à Londres, il y a déjà certaines divergences parmi ses
principaux pays membres.
Tandis que l'Allemagne et la France
refusent fermement l'appel américain à adopter des plans de stimulation
fiscale supplémentaires et soulignent que la grande priorité doit être
la réforme financière internationale, la Grande-Bretagne tend à
avoir un certain point de vue commun avec Washington.