PARIS, 30 mars(Xinhua) -- Le Premier ministre
français François Fillon a présenté lundi le décret encadrant au moins
jusqu'à fin 2010 les rémunérations des dirigeants d'entreprise, notamment
celles des entreprises aidées par l'Etat.
Cette démarche gouvernementale a été annoncée suite
à une vive polémique sociale ces dernières semaines autour de la
rémunération des dirigeants d'entreprise.
Selon M. Fillon, cette rémunération doit être
encadrée pour garantir qu'aucun abus ne sera plus commis et en période de
crise, ces règles doivent être encore renforcées, surtout pour les
entreprises qui bénéficient de l'aide financière de l'Etat.
Le décret, publié le 31 mars au journal officiel,
définit des obligations nouvelles s'imposant aux rémunérations des
dirigeants des entreprises qui, face à la crise, sont aidées par l'Etat,
ou qui bénéficient de fonds publics. Il s'agit des grandes banques
recapitalisées par la Société de Prise de Participations de l'Etat et
des constructeurs automobiles.
Les dirigeants de ces entreprises devront renoncer
aux stock- options et actions gratuites, et également accepter que les
parts variables et exceptionnelles de leur rémunération soient
strictement encadrées de même que les éventuelles indemnités de
départ, et ne pourront être fixées pour plus d'un an.
Ces parts variables ne pourront être fixées pour
plus d'un an, leurs critères d'attribution devront être rendus publics. Si
l'entreprise en cause est amenée à procéder à des licenciments de
grande ampleur, il ne pourra pas y avoir d'attribution et encore
moins de versement.
Les règles ci-dessus sont des règles de temps de
crise, et s'appliqueront au moins jusqu'à fin 2010. Un rapport sera
préparé avant cette date par le ministère de l'Economie, et fera le bilan
de la mis en oeuvre de ces mesures. Le cas échéant, le dispositif
pourra donc être adapté ou prolongé si cela est nécessaire.
Pour les entreprises publiques, les parts variables
des rémunérations des dirigeants, ainsi que leurs indemnités de
départ, seront également encadrées jusqu'à la fin 2010.
Ce décret est un produit d'une très vive polémique
ces semaines dernières concernant les attributions des bonus aux dirigeants
des entreprises, qui sont des sociétés bénéficiant de soutiens
publics ou des entreprises publiques.
Les banques Société Générale, Crédit Agricole et
Natixis, qui bénéficient toutes de l'aide de l'Etat jusqu'à quelques
milliards d'euros, ou le groupe GDF-Suez dont l'Etat est actionnaire à
35%, ont attribué à ses dirigeants ou salariés des sommes importantes,
soit des stock-options, soit des bonus.
L'équipementier automobile Valéo, qui vient d'avoir
reçu de forts soutiens de l'Etat, a donné à son PDG sortant Thierry Morin
une indemnité de départ de 3,2 millions d'euros. Il faut rappeler
que cette entreprise a enregistré une lourde perte en 2008, et
annoncé la suppression de 5.000 emplois dont 1.600 en France.
Ces attributions de divers bonus ont provoqué une
polémique de plus en plus vive. Les critiques pour ces entreprises
viennent de tous les coins, des salariés aux dirigeants
gouvernementaux.
Le 25 mars, le président français Nicolas Sarkozy
a convoqué mercredi soir à l'Elysée son Premier ministre Fillon,
des ministres et des élus spécialement. Après la réunion,
certains participants ont confirmé que une solution pourrait être annoncé
au début de cette semaine.