NAIROBI, 28 mars (Xinhua) -- Les pays développés,
même touchés par la crise financière mondiale, ont toujours à réaliser la
responsabilité qui leur incombe de soutenir les pays en
développement, et à appuyer les demandes du tiers monde pour un
nouvel ordre économique international convenablement équilibré.
D'autant que 53 millions de personnes pourrraient
être acculés à la pauvreté du fait que l'économie s'étiole partout dans le
monde, selon les dernières prévisions de la Banque mondiale (BM).
Les efforts pour réduire la mortalité infantile
pourraient en pâtir, ce qui engendrerait entre 200.000 à 400.000 décès de
bébés de plus chaque année, d'ici aujourd'hui et 2015 si la crise
persiste, selon la BM.
"Alors que la majeure partie du monde est concentrée
sur le sauvetage des banques et les mesures de stimulation, nous ne
devons pas oublier que les personnes pauvres dans les pays en
développement sont de loin les plus exposées si leur économie
vacille", a souligné le président de la BM, Robert Zoellick.
Les pays en développement vont devenir les
innocentes victimes de la crise. A l'inverse des pays développés qui ont
de larges réserves de devises étrangères et des positions dominantes dans
le système économique mondial, ces pauvres nations pour beaucoup
sont encore lourdement endettées, malgré une relative rapide
croissance économique ces dernières années.
Les défis auxquels les plus pauvres dans les pays en
développement sont confrontés dans l'actuelle crise sont non point de
perdre leur voiture ou leur maison, dont ils n'ont jamais rêvé, mais leur
vie et leur famille.
Sans aucun doute, les pays industrialisés, en tant
que source du problème, doivent prendre des mesures pour prévenir ce genre
de tragédies.
Les Nations Unies et les dirigeants africains ont
déjà élevé leur voix appelant à des aides substantielles en faveur des
pays en développement.
Après un entretien avec le Premier ministre
britannique Gordon Brown à New York, le secrétaire général de l'ONU, Ban
Ki-moon, a indiqué devant la presse que le sommet du G20 à Londres le 2
avril prochain "devra s'investir à soutenir un ensemble de
stimulations".
"Cela doit comprendre des aides pour les plus
pauvres et les plus vulnérables pays, des prêts publics à long terme de la
part des banques multilatérales de développement, et des aides en
espèces pas seulement pour les moins développés des pays, mais aussi
pour les pays à revenus moyens", a précisé M. Ban.
Les dirigeants africains, qui ont rencontré M. Brown
plus tôt ce mois-ci à Londres, sont tombés d'accord pour soutenir
l'initiative proposée par M. Zoellick, qui demande que 0,7% des
plans d'aides des pays du Nord soit transféré vers l'Afrique.
Les pays développés sont aussi face à la pression
grandissante du renforcement de la représentation des économies émergentes
et en développement dans un ordre économique international plus
équitable.
L'injuste système financier et commercial mondial
que les pays industrialisés ont dominé et dont ils ont profité durant les
dernières décennies, comme beaucoup d'économistes l'ont observé, est
la racine de la pauvreté de nombreux pays en développement et la cause de
la crise financière planétaire.
Sans l'établissement d'un nouvel ordre
économique global dans lequel les pays en développement possèdent une plus forte
voix et plus d'opportunités, le monde sera peut être en difficulté
pour éviter une autre crise d'une telle ampleur dans le futur.