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RDC : La démission du président de l'Assemblée nationale fait craindre la suite de la démocratie (ANALYSE)
  2009-03-28 08:59:03  

     KINSHASA, 27 mars(Xinhua) -- Vital Kamerhe, président de  l'Assemblée nationale, chambre basse du Parlement de la République démocratique du Congo (RDC), a démissionné mercredi de son poste,  en présence de 404 députés sur les 500 que compte cette  institution.  

     C'était au cours d'une séance plénière, mettant ainsi fin au  bras de fer qui l'opposait à sa famille politique. Dans un bref  discours, il a souligné qu'il posait cette démission à la demande  de son parti. Cet événement fait craindre la suite de la  démocratie dans ce pays. 

     "J'ai été astreint à la démission avec en prime une forte  campagne de diabolisation et des injures gratuites sur ma personne à travers toute la presse, écrite et audiovisuelle tant privée que publique", a déclaré M. Kamerhe devant la plénière pour justifier  sa démission. 

     Il a affirmé que s'il n'avait pas démissionné avant, alors que  le bras de fer entre lui et sa famille politique, le Parti du  Peuple pour la Reconstruction et le Développement (PPRD), remonte  au mois de janvier, c'est parce qu'il ne voulait pas démissionner  en dehors de la plénière qui l'avait élu et par respect aux règles démocratiques. 

     En démissionnant, il n'a pas voulu entrer en rébellion ave ce  que cela aurait pu comporter.  

     "J'ai opté pour la voie la moins périlleuse et la moins  coûteuse pour le peuple congolais qui a démontré, à travers les  années, son attachement à la démocratie", devait-il indiquer. 

     M. Kamerhe a été élu au perchoir à l'issue des élections  législatives de 2006 dont le PPRD du président Joseph Kabila était sorti majoritaire. Le 21 janvier dernier, il a indiqué à la Radio  Okapi de l'ONU qu'il n'était pas informé de le présence sur le  territoire congolais des troupes rwandaises, venues traquer les  rebelles rwandais. 

     Cette déclaration a été mal perçue par le PPRD qui pilote la  plateforme AMP regroupe trois partis. Considérant cette  déclaration comme un désaveu du président Joseph Kabila, l'AMP a  exigé qu M. Kamerhe démissionne. 

     Annonçant sa démission, M. Kamerhe a réitéré qu'il n'avait pas  été informé de la présence des troupes rwandaises en RDC. 

     "Mais en même temps, j'étais aussi à l'écoute de notre peuple,  pour préserver les acquis démocratiques et se conformer à la  légalité constitutionnelle et ainsi briser définitivement la  spirale de l'éternel recommencement caractéristique de la marche  de nos institutions depuis 1960, à cause des querelles  politiciennes", a-t-il ajouté. 

     Il n'a donc pas voulu inscrire son nom "dans l'histoire de  blocage des institutions acquises chèrement par notre peuple au  prix de son sang." 

     Au travers des réactions, si quelques des membres de sa famille politique comme le vice-président du PPRD Aubin Minaku ont exprimé sa joie de voir M. Kamerhe partir de la tête de l'Assemblée  nationale, d'autres membres de ce parti ainsi que ceux de  l'opposition craignent pour la suite de la démocratie en RDC. 

     Un membre du PPRD, qui a requis l'anonymat pour des raisons  évidentes, se pose beaucoup d'interrogations.  

     "Si un homme de confiance du président Joseph Kabila qu'a été  Vital Kamerhe a été contraint à la démission de la manière non  démocratique, que peut-on faire des autres membres qui ne sont pas proches du président". 

     Pour ce membre du PPRD, c'est Vital Kamerhe qui a battu  campagne au premier comme au deuxième tour pour que Kabila soit  élu président de la République. C'est encore lui qui l'a rapproché de son opposant Jean-Pierre Bemba contraint à l'exil aujourd'hui. 

     Kamerhe a su redorer l'image de la démocratie en RDC par sa  conduite des débats au sein de l'Assemblée nationale, sans oublier que c'est lui qui a implanté le PPRD lors de ses tournées à  travers le pays. Il n'a donc pas apprécié l'imposition de la  démission de M. Kamerhe qui s'apparente à une dictature naissante, conclue-t-il. 

     Le secrétaire général du Mouvement pour la libération du Congo  (MLC), François Muamba a exprimé ses regrets à la émission de  Kamerhe.  

     "Les hommes passent, mais les institutions restent. Mais pour  qu'elles restent, les institutions doivent être dotées de lois et  règles respectées par tous", a affirmé M. Muamba, faisant allusion aux déclarations du président Joseph Kabila qui ne voulait pas  voir Kamerhe rester à la tête de l'Assemblée nationale à cause de  sa petite phrase. 

     Pour François Muamba, "M. Kamerhe s'est battu jusqu'au bout  pour que les règles qui nous régissent soient respectées et  l'Assemblée nationale soit une institution forte." 

     En attendant l'élection du nouveau bureau de l'Assemblée,  conclue-t-il, la primauté d'un parti politique sur les  institutions nationales est un germe de la dictature qu'il faut  arrêter tout net.