PORT-LOUIS, 27 mars (Xinhua) -- Le Comité de la
politique monétaire de la Banque de Maurice a décidé jeudi après ses
délibérations de réduire avec effet immédiat de 100 points (1%)
le Repo Rate, le taux directeur bancaire, après le constat difficile
au niveau économique en ce début d'année.
La principale appréhension de la Banque centrale se
situe au niveau de la tendance dans les pertes d'emplois. L'analyse du
principal régulateur du secteur bancaire attire l'attention sur
le fait que les deux principaux piliers de l'économie, le textile et
le tourisme, continueront à subir de plein fouet les effets de la
récession sur le plan international.
La Banque de Maurice est également inquiète de
l'évolution du dé ficit des comptes courants de la balance des
paiements.
La baisse de 100 points du Repo Rate, deuxième
depuis décembre dernier, devra se traduire dès la semaine prochaine dans
une baisse comparative dans la gamme des taux d'intérêts pratiqués
par les banques commerciales et autres institutions financières.
Le Repo Rate est fixé depuis jeudi soir à 5,75%
contre 6,75%. La précédente baisse avait été également de 100 points,
passant de 7,75% à 6,75% en date du 8 décembre dernier.
En une année, soit de mars 2008 à mars 2009, le Repo
Rate a enregistré une baisse de 2,75%, avec une nette accélération de
cette tendance baissière depuis octobre de l'année dernière quand
les premières rafales de la crise internationale ont commencé à
affecter l'économie.
En attendant la publication officielle du Monetary
Policy Statement prévue pour jeudi prochain, la Banque de Maurice a
identifié les zones à risques pour l'économie dans la
conjoncture.
L'inquiétude majeure se situe au niveau de l'emploi
et ce, malgré le fait que les données officielles du Bureau central des
statistiques démontrent une réduction du taux de chômage à 7,2%
en 2008.
Les appréhensions de la Banque de Maurice au sujet
des licenciements sont basées sur les cons équences de la crise
économique internationale sur Maurice. La performance économique à la
baisse au cours du second semestre de l'année dernière a entraîné le taux
de croissance à 5,3% contre des prévisions initiales de 5,6%.
Les indications présentées devant le Comité de la
politique monétaire de Maurice confirment qu'il y a des signes visibles
que la crise financière globale et la récession économique ont des
effets sur les secteurs du tourisme et du textile du pays.
Les exportations de Maurice vont souffrir alors que
ses marchés principaux, l'Europe et les Etats-Unis, sont en récession
depuis plusieurs semestres.
Poursuivant son analyse des données économiques, le
Comité de la politique monétaire fait ressortir que le déficit grandissant
du déficit des comptes courants de la balance des paiements
constitue un véritable obstacle à tout nouvel assouplissement de la
politique monétaire dans la conjoncture.
La réduction dans le flux des capitaux privés vient
également se greffer sur ce contexte difficile. Les prévisions de la
Banque de Maurice sont que le déficit des comptes courants par rapport
au PIB en 2009 pourrait être le double de ce qu'il était en 2007,
soit 11,3% cette année contre 5,7%.
L'un des rares points positifs dans le tableau
brossé par la Banque de Maurice a trait à l'inflation. Avec la formule en
rythme annuel pour le calcul de l'inflation, le taux enregistré à la fin
de février est de 4,6% contre 6,7% en décembre dernier.
Par ailleurs, la dette publique de Maurice a
enregistré une hausse de 4 milliards de roupies (116 millions de dollars)
en trois mois, soit de décembre 2008 à la fin de février. C'est ce
qu' indiquent les statistiques publiées en fin de semaine par la
Banque de Maurice. Ainsi, à la fin du mois dernier, le montant de la
dette publique locale s'élevait à 111,1 milliards de roupies contre Rs
107,7 milliards de roupies à la fin de l'année dernière.