OUAGADOUGOU, 27 mars (Xinhua) -- Le Premier ministre
Tertius Zongo a présenté, jeudi soir devant les députés de l'Assemblée
nationale à Ouagadougou et en présence des membres du
gouvernement, la situation sur l'état de la nation burkinabé en 2008.
Pendant plus de 7 heures de discours et de réponses
aux questions des députés, M. Zongo a passé en revue l'état de la
nation aux plans économique, politique et social et déclaré que
malgré un contexte international difficile, le Burkina a enregistré
un taux de croissance de 4,5% noyé par la vie chère avec un taux
d'inflation de plus de 10%.
"C'est dans un contexte de crise alimentaire,
énergétique et économique à l'échelle internationale que le Burkina a
évolué en 2008. Malgré une telle conjoncture internationale, le Burkina a
réussi la prouesse de réaliser un taux de croissance de 4%, un
résultat positif soutenu par le secteur des services et le
secteur agricole", a-t-il révélé.
Rappelant que le gouvernement a soutenu le secteur
agricole à hauteur de 35,5 milliards de FCFA en intrants et semences
agricoles, le Premier ministre s'est réjoui que le secteur agricole
ait permis d'enregistrer en 2008, un excédent céréalier de plus de 700.000
tonnes avec un doublement de la production rizicole.
"Par ce soutien, l'exécutif entendait soulager en
partie les Burkinabé du fardeau de la vie chère, du moins sur le plan
alimentaire", a expliqué M. Zongo, précisant qu'en dépit de la bonne
campagne agricole, le coût des denrées demeure élevé.
Le Premier ministre Zongo a dit que cette situation
conjuguée avec la mauvaise campagne cotonnière et le niveau encore élevé
du coût des hydrocarbures ont conduit à l'augmentation d'au moins un
point, le taux des pauvres au Burkina qui passe désormais de 42,6% en
2007 à 43,5% en 2008.
Pour faire face à un taux d'inflation de près de
11%, le chef du gouvernement a indiqué que des mesures ont été prises
allant de la suspension des droits de douane sur les produits de grande
consommation à la réduction du train de vie de l'Etat en passant par
la bonne gouvernance.
Malgré toutes ces difficultés, le Premier ministre
estime qu'il y a des raisons d'espérer et cet espoir est fondé sur la
poursuite des efforts dans le travail, la clarification du jeu
démocratique, l'amélioration de la gouvernance et l'accès à la
justice.
Selon lui, cet espoir se matérialise aussi par le
statut de pays minier que le Burkina est en train progressivement de
s'adjuger avec l'intensification de la recherche sur le pétrole.
Les préoccupations des députés, représentants légaux
du peuple, ont surtout porté sur la crise financière internationale et ses
corollaires de vie chère ainsi que d'autres crises
socio- économiques.
Les députés ont également interpellé le Premier
ministre et son gouvernement sur les mesures prises afin de juguler les
effets de cette crise et amorcer une courbe ascendante de
développement.
Les députés ont par ailleurs insisté sur le train de
vie de l'Etat, la lutte contre la corruption et l'incivisme,
l'utilisation des rapports de la Cour des comptes pour l'application
de sanctions.
En matière de gouvernance, les élus de l'Assemblée
nationale ont notamment évoqué les questions de décentralisation et de
gestion des conseils municipaux qui connaissent des difficultés
de fonctionnement.
Outre les préoccupations
d'ordre social (éducation, alphabétisation, sécurité alimentaire,
avancement des fonctionnaires, prix des hydrocarbures), la libéralisation,
la lutte contre le grand banditisme, les chantiers de désenclavement
du pays ont aussi retenu l'attention des parlementaires.