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Burkina Faso : Le PM se félicite de la performance économique du pays en 2008 malgré la crise globale
  2009-03-28 08:20:32  

     OUAGADOUGOU, 27 mars (Xinhua) -- Le Premier ministre Tertius  Zongo a présenté, jeudi soir devant les députés de l'Assemblée  nationale à Ouagadougou et en présence des membres du gouvernement, la situation sur l'état de la nation burkinabé en 2008. 

     Pendant plus de 7 heures de discours et de réponses aux  questions des députés, M. Zongo a passé en revue l'état de la  nation aux plans économique, politique et social et déclaré que  malgré un contexte international difficile, le Burkina a  enregistré un taux de croissance de 4,5% noyé par la vie chère  avec un taux d'inflation de plus de 10%. 

     "C'est dans un contexte de crise alimentaire, énergétique et  économique à l'échelle internationale que le Burkina a évolué en  2008. Malgré une telle conjoncture internationale, le Burkina a  réussi la prouesse de réaliser un taux de croissance de 4%, un  résultat positif soutenu par le secteur des services et le secteur agricole", a-t-il révélé. 

     Rappelant que le gouvernement a soutenu le secteur agricole à  hauteur de 35,5 milliards de FCFA en intrants et semences  agricoles, le Premier ministre s'est réjoui que le secteur  agricole ait permis d'enregistrer en 2008, un excédent céréalier  de plus de 700.000 tonnes avec un doublement de la production  rizicole. 

     "Par ce soutien, l'exécutif entendait soulager en partie les  Burkinabé du fardeau de la vie chère, du moins sur le plan  alimentaire", a expliqué M. Zongo, précisant qu'en dépit de la  bonne campagne agricole, le coût des denrées demeure élevé. 

     Le Premier ministre Zongo a dit que cette situation conjuguée  avec la mauvaise campagne cotonnière et le niveau encore élevé du  coût des hydrocarbures ont conduit à l'augmentation d'au moins un  point, le taux des pauvres au Burkina qui passe désormais de 42,6% en 2007 à 43,5% en 2008. 

     Pour faire face à un taux d'inflation de près de 11%, le chef  du gouvernement a indiqué que des mesures ont été prises allant de la suspension des droits de douane sur les produits de grande  consommation à la réduction du train de vie de l'Etat en passant  par la bonne gouvernance. 

     Malgré toutes ces difficultés, le Premier ministre estime qu'il y a des raisons d'espérer et cet espoir est fondé sur la poursuite des efforts dans le travail, la clarification du jeu démocratique, l'amélioration de la gouvernance et l'accès à la justice. 

     Selon lui, cet espoir se matérialise aussi par le statut de  pays minier que le Burkina est en train progressivement de  s'adjuger avec l'intensification de la recherche sur le pétrole. 

     Les préoccupations des députés, représentants légaux du peuple, ont surtout porté sur la crise financière internationale et ses  corollaires de vie chère ainsi que d'autres crises socio- économiques. 

     Les députés ont également interpellé le Premier ministre et son gouvernement sur les mesures prises afin de juguler les effets de  cette crise et amorcer une courbe ascendante de développement. 

     Les députés ont par ailleurs insisté sur le train de vie de  l'Etat, la lutte contre la corruption et l'incivisme,  l'utilisation des rapports de la Cour des comptes pour  l'application de sanctions. 

     En matière de gouvernance, les élus de l'Assemblée nationale  ont notamment évoqué les questions de décentralisation et de  gestion des conseils municipaux qui connaissent des difficultés de fonctionnement. 

     Outre les préoccupations d'ordre social (éducation,  alphabétisation, sécurité alimentaire, avancement des  fonctionnaires, prix des hydrocarbures), la libéralisation, la  lutte contre le grand banditisme, les chantiers de désenclavement  du pays ont aussi retenu l'attention des parlementaires.