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Un centre de recherche sur le paludisme grâce à la Chine (PAPIER D'ANGLE)
  2009-03-24 09:21:06  

     Par Raphaël Mvogo   

     YAOUNDE, 23 mars (Xinhua) -- Pour la première fois, un centre  de recherche sur le paludisme ouvrira ses portes bientôt au  Cameroun.  

     "Selon l'accord signé avec le gouvernement camerounais, c'est  l'Hôpital gynéco-obstétrique de Yaoundé qui va abriter cette  structure qui est un don du gouvernement chinois", a déclaré un  responsable du Bureau du conseiller économique et commercial de  l'ambassade de Chine dans la capitale camerounaise, Shen Yi,  interrogé par Xinhua. 

     "C'est la première fois que la République populaire de Chine  intervient dans un centre de recherche sur le paludisme en Afrique. Avant, elle avait l'habitude d'envoyer des équipes médicales dans  les pays africains, par exemple celles déployées à l'Hôpital  gynéco-obstétrique de Yaoundé, à l'hôpital de Mbalmayo et à  l'hôpital de Guider", a expliqué M. Shen. 

     Le projet est évalué à 3 millions de yuans, soit près de 200  millions de francs CFA, et sa mise en place prévoit une période  trois ans. Le financement comporte un don en médicaments et en  équipements. 

     "Chaque année, il va envoyer une mission d'experts pour  travailler sur le terrain pendant environ quarante-cinq jours.  Mais la gestion du centre sera mixte: il y aura une équipe  technique chinoise et une équipe camerounaise", a indiqué M. Shen. 

     Dans le cadre de la cérémonie d'ouverture annoncée dans les  prochains jours, il est fait état de l'arrivée de quatre experts  chinois pour un séjour de cinquante jours prévoyant des visites  dans deux des localités les plus touchées par le paludisme au  Cameroun.  

     "Le climat en Chine, notamment dans les provinces du sud, est  identique à celui des pays d'Afrique subsaharienne. Le paludisme y sévissait avant. Maintenant, ce n'est plus le cas. Le gouvernement a beaucoup investi dans la recherche scientifique. On a pu mettre  au point un traitement très efficace contre cette maladie. Le  gouvernement entend faire bénéficier les résultats de cette  recherche aux pays africains amis", a soutenu M. Shen. 

     "Le paludisme est un grand problème de santé. Il cause beaucoup de morts. Le gouvernement chinois a décidé d'octroyer des centres  de recherche à quatorze pays africains", a-t-il poursuivi. 

     Le Cameroun est justement présenté comme l'un des pays durement affectés par cette maladie. D'après le ministère de la Santé  publique, "il constitue la première cause de morbidité dans le  pays".  

     Il existe un Programme national de lutte contre le paludisme,  dont une enquête réalisée en 2004 avait révélé un taux de 40,1% de morbidité chez la population générale. 

     "Avec un taux brut de mortalité infantile de 74% (0 à 1 an) et  infanto-juvénile (0 à 5 ans) de 144%, ainsi que le taux de  mortalité maternelle de 669 pour 100.000 naissances vivantes, les  enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes représentent les groupes les plus vulnérables", avait souligné cette étude. 

     "Les enfants de moins de 5 ans (17%) et les femmes enceintes (5% ) représentent un total de 22% de la population totale avec les  risques de morbidité et mortalité les plus élevés", concluait-elle. 

     Au cours de la grossesse, informent les spécialistes, le  paludisme est cause des avortements, des accouchements prématurés, de la mort-inutéro, de la mortinatalité, du faible poids de  naissance ainsi que de l'anémie du nouveau-né. Le Programme  national de lutte contre le paludisme précise que "les femmes  enceintes présentent une diminution de l'immunité qui les rend  plus susceptibles" à cette maladie. 

     Le gouvernement camerounais met notamment en oeuvre un plan  stratégique national de lutte contre le paludisme, conduit par le  Programme national de lutte contre le paludisme. En conformité  avec les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) fixés par les Nations Unies, cette stratégie prévoit de " réduire de 50% la morbidité et la mortalité liées au paludisme, en particulier  dans les populations à risque d'ici 2010". 

     En dehors du Fonds mondial de lutte contre le sida, la  tuberculose et le paludisme, et de l'Organisation mondiale de la  santé (OMS), des pays étrangers tels que la Chine figurent parmi  les partenaires du pays dans son combat contre cette endémie. 

     "La Chine fait beaucoup pour le Cameroun, surtout dans ce  domaine de la lutte contre le paludisme. Chaque année, il y a au  moins deux médecins camerounais qui se rendent en Chine pour un  cours sur le paludisme, d'une durée d'un mois. En 2008 par exemple, le directeur de la lutte contre la maladie (au ministère de la  Santé publique) et une de mes collaboratrices ont participé à  cette session de formation", a déclaré à Xinhua le secrétaire  permanent du Programme national de lutte contre le paludisme, le  Dr Prosper Ndong à Bessong. 

     "C'est une coopération qui dure depuis longtemps. Avec ce  centre de recherche qui se met en place, nous espérons qu'il y  aura encore plus de formations", a-t-il ajouté. 

     Dans ce pays d'Afrique centrale, il est fait état de plusieurs  souches du virus du paludisme et des résistances aux traitements.  

     "Le moustique et le parasite s'adapte en fonction du médicament. C'est ainsi qu'on a découvert que la chloroquine n'agissait plus  sur le plasmodium. C'est pourquoi la recherche est importante",  fait observer le Dr Ndong à Bessong.