ADDIS ABEBA, 20 mars
(Xinhua) -- L'Union africaine (UA) a décidé vendredi de suspendre la
participation de Madagascar aux instances de l'organisation, en dénonçant
le changement de gouvernement intervenu cette semaine comme un coup
d'Etat.
A l'issue d'une réunion à huis-clos sur la situation
à Madagascar, le Conseil de paix et de sécurité de l'UA a pris
cette décision étant donné que ce qui est arrivé à Madagascar a
constitué "un changement inconstitutionnel de gouvernement", a
expliqué Bruno Nongoma Zidouemba, représentant du Burkina Faso à
l'UA et actuel président du conseil, en faisant reférence à la
démission forcée mardi du président malgache Marc Ravalomanana.
Ravalomanana a démissionné mardi et remis le pouvoir
à l'armée, qui l'a à son tour transmis au leader de l'opposition, Andry
Rajoelina, qui a dirigé des manifestations pendant des mois dans le
pays.
Le conseil a donné six mois à l'île de l'océan
Indien pour tenir une élection générale, a indiqué M. Zidouemba.
Dans un communiqué diffusé à l'issue de la
rencontre, le conseil a affirmé que "le transfert du pouvoir a été une
violation des dispositions applicables de la constitution malgache, et que
les décisions prises par la suite de conférer les fonctions de
président de la république à Andry Rajoelina constituent un
changement inconstitutionnel de gouvernement".
Le conseil a fermement condamné "ce changement
anticonstitutionnel de gouvernement, qui constitue un autre sérieux
revers au processus de démocratisation en cours sur le continent et
renforce l'inquiétude au sujet de la résurgence du fléau des coups d'Etat
en Afrique".
Il a demandé au président de la Commission de l'UA,
Jean Ping, de présenter lors du prochain sommet de l'UA "des
recommandations précises pour mieux empêcher et punir des changements
iniconstitutionnels de gouvernement".
L'Union africaine a commencé à suspendre la
participation de tout pays où le gouvernement a été renversé par des
moyens inconstitutionnels. Deux Etats membres, la Guinée et la
Mauritanie, ont été récemment suspendus après la prise du pouvoir par
l'armée.
Toutefois, le texte n'a pas précisé si Madagascar
est autorisé ou non à accueillir le prochain sommet de l'UA prévu en
juillet.
Les diplomates à Addis-Abeba ont indiqué que la
décision sur l'accueil du sommet par Madagascar ou non serait prise
bientôt.