NAIROBI, 20 mars (Xinhua) -- Des centaines de
millions de dollars ont été gaspillés sur des projets destinés à faciliter
l'approvisionnement en eau de zones rurales en Afrique, ce qui
menace l'existence de plusieurs millions d'habitants vulnérables,
indique un rapport issu de l'Institut international pour
l'Environnement et le Développement (IIED).
Dans son rapport publié avant la Journée mondiale de
l'eau, fixée par l'ONU au 22 mars, l'IIED a déploré le fait que des
dizaines de milliers de trous de sonde dans les zones rurales se
soient délabrés, privant ainsi d'alimentation en eau les communautés
démunies.
Cet état de délabrement s'explique par le manque de
suivi des donateurs, ainsi que des gouvernements et des organisations
nongouvernementales après la construction des infrastructures,
affirme le papier.
Le rapport énumère une liste de 30 points destinés à
améliorer le système d'alimentation en eau dans les zones rurales
africaines, qui comprennent la technologie et la capacité locale à réparer
et à entretenir les puits.
"La communauté de l'eau s'est souvent concentrée sur
la construction des infrastructures, plutôt que sur leur entretien.
Cette faille oblige les femmes et les enfants à porter de l'eau sur
de grandes distances, ce qui a un sérieux impact sur leur santé et leur
éducation", a fait savoir Jamie Skinner, auteur du rapport.
Chaque année, l'Afrique voit construire des dizaines
de nouveaux points d'alimentation en eau, comprenant des puits avec
pompe motorisée ou à main, dont une grande partie se trouvent dans un
état délabré peu d'années après leur mise en service.
Sur les quelque 52 puits creusés par Caritas depuis
les années 1980 dans la région de Kaolack (Sénégal), seuls 33 fonctionnent
encore.
La Global Water Initiative, un projet lancé en
commun par plusieurs ONG, a montré qu'au nord du Ghana, 58% des points
d'eau artificiels doivent être réhabilités, tandis que dans l'ouest du
Niger, sur 43 puits, 13 sont abandonnés, 18 ne fonctionnent pas plus
de trois jours par an, et 12 pas plus d'une dizaine de jours par an,
indique le rapport.
"Dans l'Afrique rurale, quelque 50.000 points
d'approvisionnement ont été mal utilisés, ce qui représente un
gaspillage de 215 à 360 millions de dollars", a souligné M.
Skinner.
L'IIED a appelé les donateurs, gouvernements et
ONG à comprendre que le financement des infrastructures n'était
qu'une partie du problème, et qu'il était également important
d'investir dans des projets gérés par les communautés locales, avec
une technologie appropriée, et de fournir le savoir-faire qui permet
de faire perdurer ces initiatives.