ANTANANARIVO, 14 mars
(Xinhua) -- L'opposition malgache a demandé samedi à la Haute Cour
Constitutionnelle (HCC) de reconnaître son gouvernement de transition, mis
en place au début du mois dernier et de destituer le président Marc
Ravalomanana.
Lors d'une conférence de presse organisée au bureau
du Premier ministre Charles Rabemananjara, occupé samedi par l'opposition,
Monja Roindefo, "Premier ministre du gouvernement de transition" de
l'opposition, a exhorté la HCC à permettre au chef de l'opposition Andry
Rajoelina à assumer son devoir en tant que président malgache.
L'opposition a déclaré que la HCC est la seule
garantie de la primauté du droit, qui a le droit de prendre toute
résolution visant à rétablir l'ordre et la paix sociale dans le
pays.
Dans une déclaration de quatre pages, l'opposition
accuse le président Ravalomanana de violer ses obligations
constitutionnelles et son engagement quand il a prêté serment devant
la nation en 2002 et en 2007.
L'opposition a reproché au président d'avoir utilisé
des mercenaires étrangers pour lutter contre les manifestations
publiques, tiré de balles réelles sur les manifestants le 7 février
et utilisé sa prérogative de puissance publique au profit d'intérêt
purement privés et personnels.
La conférence de presse a fait suite à la prise de
la primature, samedi matin, par des partisans de l'opposition
dirigés par Monja Roindefo, en compagnie de forces armées.
Dans un appel lu par M. Roindefo, l'opposition a
déclaré que les deux chambres du Parlement et le gouvernement sont
actuellement incapables d'accomplir les tâches qui leur sont
assignées par la Constitution, ils ne pourraient assurer la
protection des personnes et leurs biens alors que l'économie
nationale est en situation catastrophique et la souveraineté
nationale est menacée en raison de l'absence de compétences de
l'Etat.
Il a demandé que le président Ravalomanana ne soit
plus être considéré comme le chef des forces armées, car il ne pouvait
plus assurer l'unité des forces armées et l'utilisation de mercenaires
étrangers est une grave menace à la sécurité nationale.
Un conseil de redressement économique et social sera
mis en place et le HCC doit exercer ses fonctions qui lui sont assignées
par la Constitution, dit le document.
L'opposition a préconisé une nouvelle Constitution
et un nouveau code électoral et de mettre en place un comité spécifique
chargée de proposer au gouvernement des mesures pour instaurer
l'éthique politique et la réconciliation nationale, sincère et
véritable.
L'opposition a également demandé la tenue
d'élections nationales libres, fiables et transparentes dans 24 mois sous
l'égide de la gouvernance de l'autorité de transition.
