KHARTOUM, 14 mars (Xinhua) -- Les trois travailleurs humanitaires
étrangers (un Français, un Italien et une Canadienne) travaillant pour la
branche belge de Médecins sans frontières (MSF), libérés par leurs
ravisseurs au Darfour, sont arrivés samedi soir à Khartoum, la capitale
soudanaise.
Selon Mohamed Naguib, un important responsable de la
police soudanaise, les otages libérés passeront des examens médicaux à
Khartoum.
Il a assuré que les autorités soudanaises prendront
les mesures nécessaires pour éviter la répétition de tels incidents.
Osman Mohammed Yousef Kiber, le gouverneur du
Darfour-Nord, où les travailleurs humanitaires ont été enlevés mercredi
dernier, a expliqué que leur libération a été obtenue après des
négociations entre les responsables du gouvernement local et les
ravisseurs.
Selon M. Kiber, les ravisseurs ont affirmé avoir
enlevé ces trois étangers dans le but de protester contre le mandat
d'arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI) à l'encontre du
président soudanais Omar el-Béchir.
"Les ravisseurs ont souligné que cette opération
visait à protester contre l'inculpation de la CPI impliquant le président
soudanais", a révélé le gouverneur soudanais, ajoutant : "Nous les
avons convaincus qu'un tel incident porterait atteinte à la nation et que
les otages devaient être libérés immédiatement. "
Un groupe d'hommes armés ont enlevé mercredi ces
trois travailleurs humanitaires, qui étaient accompagnés de deux
Soudanais, dans la région de Saraf Umra, située dans le
Darfour-Nord. Deux Soudanais ont été relâchés par la suite.
Cet enlèvement serait un signe d'escalade des
tensions au Soudan depuis le mandat d'arrêt émis le 4 mars par CPI contre
le président el-Béchir pour crimes de guerre au Darfour.
Le lendemain de l'émission du mandat d'arrêt, le
gouvernement soudanais annonçait l'expulsion de 13 ONG opérant au Darfour,
les accusant d'avoir fourni "des informations fausses et fabriquées"
à la CPI, accusations niées par les agences humanitaires.
Les autorités soudanaises ont demandé à deux
branches de MSF de quitter le pays, mais sa branche belge ne figurait pas
sur la liste des ONG expulsées.
Vendredi, MSF a annoncé la suspension de toutes ses
opérations au Darfour et a rappelé une trentaine d'employés internationaux
à Khartoum comme mesure de précaution depuis les enlèvements.
Deux jours avant l'enlèvement, l'ambassade des
Etats-Unis au Soudan a annoncé avoir autorisé son personnel non essentiel
et leurs familles à quitter le pays en raison des "conditions de
sécurité non assurées".
Cette action a été critiquée par le gouvernement
soudanais qui y voit une décision "injustifiable et douteuse" vis-à-vis de
la situation "stable" dans le pays, notamment après l'émission du
mandat d'arrêt contre le président el-Béchir.
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Le Soudan annonce la libération des
travailleurs humanitaires étrangers au Darfour
KHARTOUM, 14 mars (Xinhua) -- Le gouvernement a annoncé samedi
que trois travailleurs humanitaires étrangers qui avaient été
enlevés dans la région du Darfour ont été libérés sains et saufs. >>>