PARIS, 13 mars (Xinhua) -- Le ministre français des
Affaires étrangères Bernard Kouchner a publié vendredi un communiqué
invitant les Européens à continuer à "oeuvrer ensemble à la
réussite" de la Conférence de l'ONU sur le racisme, prévue du 20- 24
avril prochain à Genève, et notant que Paris "ne participera à la
conférence de Genève que si ses préoccupations sont respectées".
"Je considère nécessaire que les Européens
continuent à oeuvrer ensemble à la réussite de cette importante conférence
contre le racisme. L'Union européenne doit peser de tout son poids dans la
négociation en cours", a déclaré le ministre français dans le
comuniqué.
"Il serait inacceptable que la lutte contre le
racisme soit ternie par l'introduction de considérations contraires à son
objet: toute expression de racisme; toute référence à la notion de
diffamation des religions, car ce concept est incompatible avec
la liberté d'expression et de conscience, qui est au coeur de la
Déclaration universelle des droits de l'Homme dont nous venons de
célébrer le 60ème anniversaire; toute stigmatisation d'Israël en
tant que tel. Nous ne tolèrerons pas les dérives qui ont eu lieu
à Durban en 2001 lors du Forum des ONG", note le communiqué.
La France "ne participera à la conférence de Genève
que si ses préoccupations sont respectées", a affirmé M. Kouchner,
invitant les 27 pays membres de l'Union européenne à adopter ensemble une
date-limite pour "apprécier les améliorations obtenues au cours des
prochaines semaines et prendre, d'un commun accord, une décision sur la
participation ou le retrait de la réunion de Genève de tous les membres de
l'Union".
La première conférence de l'ONU sur le racisme avait
eu lieu en 2001 à Durban, en Afrique du Sud. La prochaine conférence de
Genève doit assurer le suivi de celle de Durban.
Certains pays occidentaux comme les
Etats-Unis, Israël, le Canada, l'Italie et les Pays-Bas, ont annoncé récemment
qu'ils ne participeraient pas à la conférence de Genève. Les
Américains avaient annoncé la semaine dernière leur absence à la conférence
en raison de désaccords avec le projet de déclaration qui, selon
eux, "focalise la critique sur Israël" et restreint "de façon inacceptable
la liberté d'expression sous couvert de diffamation de la religion".
Le Royaume-Uni a conditionné sa participation à un "changement de cap"
dans la préparation du projet de déclaration.