ANTANANARIVO, 8 mars (Xinhua) -- Les hôteliers
locaux à Madagascar craignent que l'actuelle crise politique du pays ne
jette une ombre sur la perspective de la tenue du 13e Sommet de
l'Union africaine (UA) sur la grande île en juillet prochain, un
événement censé leur procurer un grand nombre de visiteurs, a
rapporté dimanche le journal "L'Express" sur son site internet.
Une dizaine d'hôteliers ont répondu à l'appel du
gouvernement de multiplier le nombre de chambres notamment dans la
capitale en préparation à la tenue du sommet, en contractant des prêts
auprès des banques afin de pouvoir réaliser des projets de construction,
d'extension et de rénovation.
En contrepartie, ces propriétaires pourront
bénéficier d'une détaxation des matériels importés et d'un remboursement
de la taxe à valeur ajoutée (TVA).
Avec la crise qui perdure encore, à quatre mois de
la tenue du sommet panafricain, les opérateurs ont commencé à s'inquiéter
sur le remboursement face à l'éventualité de voir annuler le sommet.
"Nous avons tout misé sur ce sommet. C'est une
occasion pour le pays d'accueillir un grand nombre d'invités, c'est
pourquoi nous avons concrétisé notre projet d'extension", a déclaré une
gérante d'un hôtel au centre ville.
"En cas d'annulation du projet, nous aurons une
grosse difficulté pour rembourser les prêts car déjà, la crise a
fortement frappé notre trésorerie", a-t-elle avancé.
En outre, le remboursement de la TVA par l'Etat
reste aussi incertain.
"La situation empire, beaucoup craignent que l'Etat
ne puisse honorer ses engagements", a-t-elle poursuivi.
Selon des professionnels du tourisme, il faudrait
4.000 chambres pour abriter le sommet du continent africain.
L'économie malgache a été frappée de plein fouet
par la crise politique qui perdure depuis la mi-décembre dernier, date
à laquelle le président Ravalomanana a engagé ouvertement un
bras de fer avec Andry Rajoelina en fermant la télévision Viva de
ce dernier.