EL-FACHER (Soudan), 8 mars
(Xinhua) -- Le président soudanais, Omar el-Béchir, a indiqué dimanche à
El-Facher, la capitale du nord du Darfour, que le pays combattra le
"néocolonialisme".
"Nous lutterons contre le néocolonialisme," a
déclaré el-Béchir alors qu'ils s'exprimait devant des dizaines de milliers
d'habitants de la localité rassemblés dans une place au centre de la
ville, faisant allusion à la campagne de la Cour pénale internationale
(CPI) qui poursuit le président soudanais depuis juillet dernier.
"Nous ne permettrons à personne de saper la paix,
l'indépendance et l'unité du Soudan," a-t-il poursuivi, estimant que
"nous avons libéré l'Afrique, mais les colonialistes occidentaux veulent
retourner au Soudan maintenant."
Il a aussi réitéré que le Soudan rejette le mandat
d'arrêt de la CPI parce que le pays n'a pas ratifié le Statut de Rome qui
est à l'origine de la cour.
"Pourquoi la CPI ferme les yeux sur les criminels
qui ont massacré des millions de personnes?" a-t-il demandé, "Où est la
justice, où est la justice internationale?"
Selon le Statut de Rome, la CPI, créée en 2002, n'a
pas de compétence rétroactive.
"La CPI a assassiné la justice internationale en
délivrant un mandat d'arrêt contre Béchir," a estimé Yousef Kiber,
gouverneur de l'Etat du Nord-Darfour, affirmant que les Darfouris
soutiendraient le président contre la CPI.
Le président, en compagnie des officiels du
gouvernement central, est arrivé dimanche matin à l'aéroport d'El-Facher à
bord d'un avion charter.
Mercredi, la CPI basée à la Haye, a émis un mandat
d'arrêt contre le président el-Béchir pour crimes de guerre et crimes
contre l'humanité au Darfour entre 2003 et 2008.
