ANTANANARIVO, 7 mars (Xinhua) -- Le chef de
l'opposition malgache, Andry Rajoelina, qui a engagé un bras de fer avec
le président Marc Ravalomanana, a déclaré samedi qu'il ne pouvait
plus s'exposer au public pour conduire les manifestations, afin de se
protéger de l'arrestation par les autorités.
"Maintenant, je suis caché en lieu sûr, où on ne
peut pas m'attaquer. Jusqu'à ce que ça se décante, je ne peux plus me
présenter physiquement devant mes partisans", a déclaré par
téléphone le maire déchu d'Antananarivo sur sa chaîne de télévision
Viva.
M. Rajoelina ne s'est pas présenté dans la journée
sur la Place du 13 mai, haut lieu de la contestation de l'opposition,
pour une marche massive qu'il avait réclamée il y a quelques jours.
Il a révélé avoir été informé par son détective
privé de la présence des mercenaires israéliens et sud-africains à
Madagascar, dont la mission est de l'arrêter mort ou vivant.
Il a indiqué que son "Premier ministre du
gouvernement de transition", Monja Roindefo, prendrait le relais pour
continuer la manifestation contre le gouvernement.
La parole du maire déchu a été confirmée par
Manantsoa Masimana, son "ministre" de l'Intérieur.
"L'équipe de Marc Ravalomanana n'a pas pu
l'arrêter", a affirmé ce responsable de l'opposition, joint à téléphone
par l'agence Xinhua.
M. Masimana a expliqué l'absence du maire déchu par
le fait que la Place du 13 mai a été investie par l'Etat-major mixte de
l'opération nationale (Emmonat), qui chapeaute gendarmerie, police et
armée, ce qui l'a placé dans l'impossibilité d'y accéder.
Pendant la journée, les forces de l'ordre ont
poursuivi leur opération intensifiée dans la capitale entamée depuis
mercredi dernier.
La Place du 13 mai reste toujours barrée aux
rassemblements, sous haute surveillance des policiers anti-émeutes armés
jusqu'aux dents, avec la fermeture de tous les magasins aux alentours,
a-t- on constaté sur place.
Dans la rue, les affrontements entre les forces de
l'ordre et les partisans de l'opposition semblent être intarisables: des
barrages érigés, puis enlevés par les policiers, en passant par
le lancement de grenades lacrymogènes pour disperser les
attroupements.
Un journaliste local, dont la radio Antsiva n'a pas
révélé l'identité, a été enlevé par un groupe de civils armés, avant de
retrouver sa liberté quelques heures plus tard à l'aide des forces de
l'ordre.
Par ailleurs, les forces ont investi vers la fin de
la journée les locaux de la radio et télévision VIVA à Ambodivona après
avoir enlevé les barrages dressés par les partisans d'Andry Rajoelina,
selon le site internet Sobika.
L'actuelle crise politique, qui a éclaté à la
mi-décembre dernier, a donné lieu à des émeutes fin janvier lors d'une
grève générale lancée par Rajoelina et à des affrontements violents,
causant de nombreux morts et blessés.
Malgré les efforts de négociation intensifs de
la communauté internationale, aucune percée tangible n'a été
trouvée jusqu'ici.