BEIJING, 5 mars (Xinhua) -- La
Chine regrette et s'inquiète de la décision de la Cour pénale
internationale (CPI) d'émettre un mandat d'arrêt à l'encontre du président
soudanais, Omar el-Béchir, accusé de crimes de guerre, a déclaré jeudi le
porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Qin Gang.
M. Qin a indiqué que la tâche primordiale de la
communauté internationale était de maintenir la stabilité au Darfour et de
continuer à faire avancer le processus politique et la mission
conjointe de maintien de la paix de l'ONU et de l'Union africaine
(UA).
"La Chine s'oppose à tout acte qui pourrait
perturber la situation pacifique globale du Darfour et du Soudan," a-t-il
ajouté.
La CPI, établie en 2002 comme première cour
permanente ayant compétence pour juger les crimes de guerre, a émis le
mandat d'arrêt mercredi, accusant Omar el-Béchir d'avoir orchestré une
campagne de génocide au Darfour dès 2003.
L'envoyé soudanais de l'ONU a indiqué que le mandat
d'arrêt n'était ni surprenant ni justifié, et que le pays ne coopérerait
pas avec la cour.
L'Union européenne a demandé au gouvernement
soudanais de coopérer avec la cour alors que les Etats-Unis ont appelé
toutes les parties à faire preuve de modération.
La Ligue des Etats arabes a annoncé qu'elle était
"profondément préoccupée" et "gravement perturbée" par la décision de la
CPI, tout en mettant l'accent sur son soutien à la souveraineté du
Soudan. L'UA a déclaré que la décision nuirait au processus de paix
du Soudan.
"La Chine espère que le Conseil de sécurité des
Nations unies respectera et écoutera l'appel de l'UA, de la Ligue des
Etats arabes et des membres du Mouvement des non-alignés, agira selon
l'article 16 du Statut de Rome, et demandera à la CPI de
suspendre l'enquête ou les poursuites," a souligné M. Qin.
Le Statut de Rome, signé en 1998 et mis en
application en 2002, est la base légale de l'établissement de la CPI.
Le Conseil de sécurité, d'après la Charte de l'ONU,
a le droit de suspendre les enquêtes ou les poursuites de la CPI pour une
durée allant jusqu'à un an chaque fois, selon l'article 16 du Statut
de Rome.
En tant que membre permanent du conseil de sécurité
de l'Onu et pays responsable, la Chine continuera de maintenir les
communications étroites et les consultations avec toutes les parties
concernées et de jouer un rôle qui convient, a indiqué le porte-parole
chinois.