BEIJING, 4 mars (Xinhua) -- La Cour pénale
internationale (CPI) a émis un mandat d'arrêt international contre le
président soudanais Omar el-Béchir mercredi. Voici quelques éléments à la
base de toute la question.
La région du Darfour se situe dans l'ouest du
Soudan. Depuis février 2003, les conflits dans la région ont causé de
nombreuses pertes en vies humaines.
En janvier 2005, les Nations Unies ont publié un
rapport, qui indiquait que le Darfour a fait l'objet de plusieurs
incidents en violation des droits de l'homme et du droit humanitaire
internationaux .
Le rapport a suggéré que la CPI devait inculper tous
ceux qui sont responsables de la guerre et des crimes inhumains.
Le 31 mars 2005, le Conseil de sécurité des Nations
Unies a adopté la résolution 1593, qui affirmait que les personnes
commettant des crimes de guerre et contre l'humanité au Darfour
devraient être traduites à la CPI.
Le 3 avril, le gouvernement soudanais a annoncé son
"rejet radical" de la résolution, estimant qu'elle interfère dans la
souveraineté du Soudan et que les citoyens soudanais devraient être
jugés par les tribunaux locaux.
Le 6 juin, la CPI a annoncé l'ouverture d'une
enquête sur les présumés auteurs de crimes de guerre au Darfour en dépit
des protestations soudanaises.
Le 27 avril 2007, la CPI a émis deux mandats d'arrêt
contre Ahmed Harun, ancien ministre de l'Intérieur et l'actuel ministre
des Affaires humanitaires et chef de la milice des Janjaweed Ali
Kushayb.
Les deux hommes ont été accusés de crimes contre
l'humanité et crimes de guerre commis entre août 2003 et mars 2004.
Le procureur en chef de la CPI Luis Moreno-Ocampo a
accusé le président Béchir d'orchestrer une campagne génocidaire au
Darfour, depuis 2003.
Le gouvernement de Béchir est accusé de jouer un
rôle clé de planification dans les conflits du Darfour, qui ont fait
quelque 300.000 morts et 2,5 millions de civils déplacés au cours des
cinq dernières années.
M. Moreno-Ocampo a sollicité la
délivrance d'un mandat d'arrêt contre M. Béchir en juillet, faisant de lui
le troisième chef d'Etat en exercice à être accusé par un
tribunal international après le Libérien Charles Taylor et le
Yougoslave Slobodan Milosevic. Le monde arabe et plusieurs pays africains ont
mis en garde contre les conséquences négatives du mandat
d'arrêt. Le secrétaire général de l'ONU a aussi exprimé ses
vives préoccupations au sujet des accusations contre M. Béchir.