LONDRES, 4 mars (Xinhua) -- Le Premier ministre
britannique Gordon Brown, "s'isole de plus en plus de ses collègues du
cabinet à cause de son refus de s'excuser pour la récession", a rapporté
mercredi le Daily Telegraph.
Le Premier ministre a insisté qu'il ne reconnaîtrait
en aucun cas sa responsabilité pour les troubles économiques du pays,
malgré l'appel lancé par le chancelier de l'Echiquier, Alistair
Darling, pour le faire.
Il aurait dit à des conseillers qu'il "n'a aucune
raison de s'excuser".
Au lieu de cela, le Premier ministre prononcera
mercredi un discours devant le Congrès américain à Washington pour dire
que la crise n'est de la faute d'aucune gouvernement individuel.
M. Brown aurait été irrité par la demande de M.
Darling mardi publiée par le Daily Telegraph. Il a déclaré que le
gouvernement et les régulateurs avaient "beaucoup de leçons" à tirer des
évé nements qui ont mené à la crise économique.
Le journal a indiqué que le refus de M. Brown
d'admettre ses erreurs risque de creuser un fossé entre les membres du
gouvernement et lui-même.
Selon certaines sources, des collègues du cabinet
encouragent en privé M. Brown à s'excuser, car selon eux, à moins qu'il
n'accepte au moins certaines responsabilités, il aura du mal à
convaincre les électeurs qu'il est capable de résoudre la crise
économique.
D'après M. Brown, la récession actuelle n'est pas
similaire aux précédentes récessions provoquées par une inflation élevée
et des taux d'intérêts en hausse. Au lieu de cela, il a affirmé
qu'il s'agit d'une crise bancaire qui a été provoquée par de mauvaises
décisions prises par les banquiers qui ont accumulé un grand nombre
de mauvaises dettes.
Il pense également que s'il admet avoir commis des
erreurs, il fera de la publicité au parti conservateur.
Bien que le parti travailliste espère que l'image de
M. Brown sera redorée par sa rencontre avec le président américain Barack
Obama, le conflit concernant sa réticence à montrer de la contrition
menace de faire de l'ombre à son voyage de deux jours à Washington, a
analysé le journal.
Le Premier ministre, "de plus en plus isolé" de ses
collègues du cabinet, espère attirer M. Obama dans une initiative
collective pour obtenir une action coordonnée afin de donner un coup de
pouce à l'économie mondiale, en commen?ant à la réunion des pays du G20
à Londres le mois prochain.
Pendant une conférence de presse à la Maison
Blanche, M. Brown a défendu sa gestion du système de régulation, déclarant
"nous avons fait des changements pour la première fois en 1997", et de
promettre d'introduire un système réformé.
Après une rencontre qui a duré 50 minutes, MM.
Brown et Obama se sont tous les deux mis d'accord sur le fait qu'un
changement est nécessaire au niveau des régulations bancaires.