BISSAU, 2 mars
(Xinhua) -- Le calme est presque revenu à Bissau, capitale
bissau-guinéenne, après la mort du président Nino Vieira lundi tôt le
matin, dans l'attaque de sa résidence par des militaires, a-t-on appris de
source proche de la Présidence.
Selon cette source proche de l'attaché de presse de
la Présidence, M. Bernabé, les forces armées sont en ce moment dans
les rues de Bissau et la situation est sous contrôle.
Le gouvernement a publié en début d'après-midi, sur
les ondes de la radio nationale, un communiqué annonçant la mort du
président Vieira lundi matin et celle du chef de l'état-major de
l'armée, le général Tagmé Na Waié dimanche soir dans l'explosion du
bâtiment où se trouvait ce dernier, a constaté un correspondant de Xinhua à
Bissau.
Les forces armées ont déclaré qu'elles obéissent aux
autorités gouvernementales.
Il n'y a pas eu de pillages depuis lundi matin dans
la capitale, les forces de l'ordre veillant au grain. Mais la circulation
des voitures des particuliers est interdite en ville et on ne trouve
que quelques véhicules militaires. Les bureaux du gouvernement
ont cessé de travailler, sauf la Primature.
Le président Vieira a été tué avec son chauffeur par
un groupe de militaires proches du chef d'état-major de l'armée Tagmé Na
Waié, au moment où il tentait de fuir sa maison tôt ce matin,
vers 04h00 (locales et GMT)", a précisé à la presse le capitaine de
frégate Zamora Induta, responsable du service des relations
extérieures de l'armée.
Agé de 70 ans, le général de
division Vieira, dit "Nino", était l'une des figures de "la guerre de
libération nationale" de 1961 à 1974 contre le Portugal. Arrivé au pouvoir
à la faveur d'un coup d'Etat en 1980, il a dirigé la Guinée-Bissau pendant
près de 19 ans avant d'être contraint à l'exil au Portugal à la fin de la
guerre civile en 1999.
En 2005, il est revenu au pouvoir après avoir battu
Kumba Yala dans une élection présidentielle, dont les résultats avaient
été contestés. Son retour en politique était interprété par nombre de
personnes comme une "nouvelle source de tensions" dans le pays.
En novembre 2008, sa résidenc à Bissau avait été
attaquée à l'arme lourde, mais le chef de l'Etat bissau-guinéen en est
sorti indemne.
Quant au génégal Na Waié, tué dimanche soir dans un
attentat à la bombe qui a partiellement détruit le quartier général de
l'armée, s'était distingué pendant la guerre de libération nationale
et il a été investi en janvier 2006 au poste de chef d'état-major des
armées par le président Bernardo Vieira.
Le général Tagmé Na Waié avait critiqué la politique
du président Vieira, y compris certaines de ses nominations. Il
avait servi dans la junte militaire renversant le pouvoir de Vierira
dans la guerre civile de 1998 à 1999.
En janvier dernier, il a porté plainte contre le
ministre de l'Intérieur Cipriano Cassama qu'il a accusé d'être derrière
les éléments de la garde présidentielle qui ont tenté de
l'assassiner. Il s'est déclaré être un cible le 4 janvier d'un tir des
éléments de la garde présidentielle sous les ordres du ministre de
l'Intérieur.
Il a par ailleurs accusé le président Vieira d'avoir
intégré les éléments, qui l'avaient soutenu pendant la guerre civile en
Guinée- Bissau (1998-1999) dans sa garde présidentielle sans formation,
en remplacement des militaires que le chef d'état-major avait mis à
la disposition de la présidence.
Depuis 1980, plusieurs coups d'Etat ou tentatives de
coup d'Etat se sont produits en Guinée-Bissau, pays qui vit dans une
instabilité institutionnelle et sécuritaire depuis le coup d'Etat
contre le président Vieira en 1999.
Le pays, un des plus mal classés dans l'Indice de
développement humain des Nations Unies, est également confronté, depuis
quelques temps, à des réseaux puissants de narcotrafiquants qui ont
infiltré tous les segments de l'administration et des forces de
sécurité.
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