BISSAU, 2 mars (Xinhua) -- Le
président bissau-guinéen Joao Bernardo Vieira a été tué dans la nuit de
dimanche à lundi dans une attaque contre sa résidence à Bissau, après que
le chef d'état-major des forces inter-armées, le général Tagmé Na Waié,
eut trouvé la mort lui-même dans un attentat à la bombe, ont
confirmé plusieurs sources jointes par Xinhua.
Le président Vieira a été tué tôt lundi par des
militaires, après un attentat à la bombe qui a coûté dimanche soir la vie
au chef d'état-major de l'armée, a annoncé le responsable des
relations extérieures de l'armée, le capitaine de frégate Zamura
Induta.
Selon l'Agence de presse bissau-guinéenne, le
président Vieira est mort suite à cet attentat perpétré par des
militaires.
Une source proche de la Primature (bureau de Premier
ministre) a également confirmé cette nouvelle.
Cité par l'agence de presse AP, Luis Sanca,
conseiller du Premier ministre bissau-guinéen pour la sécurité, a confirmé
la mort du président Vieira, mais refusé de donner des
détails.

Selon des sources jointes au téléphone par
Xinhua, lundi de 04h00 à 09h00 (GMT et locale), des habitants de Bissau,
la capitale, ont entendu des coup de feu parfois nourris en
provenance de la résidence du président Vieira et du palais
présidentiel.
Pour le moment, les passants sont rares et toutes
les boutiques ont baissé leur rideaux dans les rues de Bissau, selon ces
sources.
Le général Tagmé Na Waié ont été tué dimanche soir
dans un attentat à la bombe qui a partiellement détruit le quartier
général de l'armée, selon la radio nationale. Il se trouvait dans
son bureau alors qu'un attentat à la bombe est intervenu vers 20h00
(GMT et locale).
Personne n'a revendiqué cet attentat.
Le général Tagmé Na Waié avait critiqué la politique
du président Vieira, y compris certaines de ses nominations. Il
avait servi dans la junte militaire renversant le pouvoir de Vierira
dans la guerre civile de 1998 à 1999.
Depuis 1980, plusieurs coup d'Etat ou tentatives de
coup d'Etat se sont produits en Guinée-Bissau, pays vit dans une
instabilité institutionnelle et sécuritaire depuis le coup d'Etat contre
le président Vieira en 1999.
En novembre 2008, la résident du président Vieira
avait été attaquée à l'arme lourde et le chef de l'Etat bissau-guinéen en
est sorti indemne.
Le pays, un des plus mal classés dans l'Indice de
développement humain des Nations Unies, est également confronté, depuis
quelques temps, à des réseaux puissants de narcotrafiquants qui ont
infiltré tous les segments de l'administration et des forces de
sécurité.