ANTANANARIVO, 21
février (Xinhua) -- Le président malgache Marc Ravalomanana et le leader de
l'opposition Andry Rajoelina ont eu samedi une entrevue de 45 minutes et
sont tombés d'accord pour faciliter le dialogue et éviter les violences,
ont annoncé les chefs du Conseil des Eglises chrétiennes de Madagascar
(FFKM) qui sert de médiateur.
Dans un communiqué, le FFKM a indiqué que les deux
parties se sont engagées à éviter désormais de se livrer aux violences et
aux pillages et de tenir des propos provocateurs, de diffuser de
fausses nouvelles.
Les manifestations de rue seront également arrêtées
alors que le gouvernement a promis de cesser de l'arrestation à caractère
politique.
Les deux dirigeants se sont convenus de faciliter le
dialogue futur et d'encourager leurs partisans à respecter ces accords.
Samedi soir, M. Rajoelina a demandé à ses partisans,
à travers sa radio privée Viva, de suspendre les activités
antigouvernementales.
Il a déclaré avoir décidé de parler avec le
président Ravalomanana, affirmant qu'il avait le devoir de prévenir de
nouvelles pertes de vie dans les affrontements entre les deux
parties.
Des personnes ont trouvé la mort dans les émeutes et
pillages survenus fin janvier dans le cadre d'une "grève générale" lancée
par l'opposition. Le 7 février, au moins 28 personnes ont été tuées
dans une fusillade de la garde présidentielle lors d'une manifestation de
l'opposition devant le palais présidentiel, rappelle-t-on.
Rajoelina a annoncé que sa prochaine réunion avec
Ravalomanana aura lieu soit lundi ou mardi prochain.
C'est le premier entretien face à face entre
Ravalomanana et Rajoelina depuis le début de la crise politique en
décembre dernier à Madagascar.
Après la tragédie du 7 février, Rajoelina avait juré
de ne pas parler avec Ravalomanana, si l'opposition acceptait de dialoguer
pour mettre fin à la crise politique qui a duré deux mois.
Le maire destitué d'Antananarivo a aussi affirmé
samedi que le gouvernement avait libéré les partisans de l'opposition
arrêtés ces derniers temps, peu de temps après sa rencontre avec
Ravalomanana.
La rencontre de samedi entre le président
Ravalomanana et Rajoelina a eu lieu sous l'égide du FFKM, organisation
influente à Madagascar, qui regroupe l'Eglise Catholique, l'Eglise de
Jésus- Christ à Madagascar, L'Eglise Episcopale Malgache (anglicane) et
l'Eglise Luthérienne Malgache.
En tant qu'un chrétien pieux, le président
Ravalomanana est également l'un des leaders de l'Eglise de Jésus-Christ à
Madagascar tandis que M. Rajoelina est membre de l'Eglise
Catholique.
L'accord de samedi fait suite aux efforts intenses
de médiation internationale entre les deux parties. Les délégations
de l'ONU, de l'Union africaine (UA), la Communauté de développement
de l'Afrique australe (SADC) et l'Union européenne ( UE) se sont rendues
dans le pays au début de ce mois, dans le but de convaincre les
protagonistes de s'asseoir et de dialoguer.
Avant de quitter Madagascar jeudi, le chef de la
délégation de la SADC, Lutfo Dlamini, a déclaré aux médias que la SADC
s'est opposé à toute violation de la Constitution malgache et au
renversement d'un gouvernement élu.
Il a déclaré qu'il était optimiste quant à la
possibilité d'un dialogue entre Ravalomanana et Rajoelina, en disant que la
SADC devrait encourager tous les efforts visant à trouver une solution
pacifique et durable à la crise politique actuelle, qui a commencé en
décembre dernier.
Rajoelina, qui avait déclaré prendre en charge les
affaires nationales et exigé la démission du président Rajoelina, a lancé
depuis une opération destiné à installer les "ministres" qu'il avait
nommés, dans les ministères du gouvernement. Jeudi, les partisans de
l'opposition réussi pénétré dans quatre ministères, qui ont été repris
vendredi matin par les forces de sécurité.