PARIS, 19 février (Xinhua) -- Le président français
Nicolas Sarkozy a dénoncé jeudi l'"assassinat" du syndicaliste du
collectif LKP en Guadeloupe en grève contre la vie chère depuis le 20
janvier.
Il s'est exprimé ainsi dans une intervention
liminaire devant des élus d'outre-mer rendue publique par l'Elysée.
"Il est inadmissible qu'un syndicaliste ait été tué.
Il s'agit d'un asassinat. Cet acte odieux n'a rien à voir avec la
crise sociale", a indiqué M. Sarkozy devant les élus ultra-marins.
Une grève générale paralyse depuis des semaines
l'île antillais, notamment pour protester contre la "vie chère" et
revendiquer l'augmentation de salaires. Dans la nuit de lundi à
mardi, la situation s'est dégradée par des pillages et des
affrontements avec la police.
"Il n'est pas question de tolérer que, dans un Etat
de droit comme la France, la vie de nos compatriotes soit mise en danger.
Nos compatriotes attendent que l'Etat les protège", a insisté
Nicolas Sarkozy.
Jacques Bino, syndicaliste du collectif guadeloupéen
LKP a été tué par balle dans la nuit de mardi à mercredi à proximité
d'un barrage à Point-à-Pitre. Le procureur de Pointe-à-Pitre,
Jean-Michel Prêtre, a affirmé jeudi que M. Bino n'avait pas été tué
par une balle perdue.
Par ailleurs, Le président français a aussi déclaré
aux élus d'outre-mer qu'il se rendrait en Guadeloupe "dès le calme revenu"
pour ouvrir une série d'états généraux, afin de débattre "des grands
enjeux" dans chacune des collectivités ultra-marines avec tous les acteurs
sociaux, économiques et politiques.
Selon l'Elysée, M. Sarkozy a souhaité que ce
cycle de réunions aborde les questions relatives à "la formation des
prix, les circuits de distribution et le pouvoir d'achat",
aux "productions locales" et au "développement endogène", ainsi
qu'aux "chantiers de la relance et les grands projets" et à "la rénovation
du dialogue social".