Le vice-président américain
Joe Biden
MOSCOU, 19 février
(Xinhua) -- Le vice-président américain Joe Biden a prôné, lors de la
Conférence sur la sécurité à Munich, un nouveau départ dans les relations
américano-russes. Cet appel a été lancé alors qu'un nouveau combat pour
une base aérienne d'Asie centrale commençait dans un contexte de tensions
entre les Etats- Unis et la Russie.
Jeudi, le parlement kirghize a adopté un projet de
loi qui ferme dans 180 jours la base aérienne américaine de Manas dans
les environs de Bichkek, capitale kirghize.
La base aérienne, où sont déployés plus de 1.500
Américains, militaires et civil,s et une flotte aérienne des Etats-Unis et
de l'OTAN, est destiné à assurer l'approvisionnement de la force
internationale en Afghanistan.
Le président kirghize, Kurmanbek Bakiyev, a déclaré
au cours d'une visite à Moscou plus tôt dans le mois que son pays fermera
la base en raison des faibles loyers et du meurtre d'un citoyen
kirghize par un militaire américain sur la base aérienne en 2006.
Cette annonce a coïncidé avec un accord d'aide
économique et de prêt de 2,15 milliards de dollars américains de la part
de Moscou, et a été suivie de l'espoir de Washington de pouvoir
négocier.
Pour les Etats-Unis, la base aérienne joue un rôle
important pour apporter des livraisons à ses forces en Afghanistan. Ils
cherchent maintenant de nouvelles routes de transport ou peut-être à
rétablir une base militaire en Ouzbékistan.
La lutte se poursuit, mais la Russie a proposé de
permettre le transit des livraisons non militaires des Etats-Unis pour
l'Afghanistan.
Par ailleurs, la base aérienne de Manas a été
proposée à la force de réaction rapide de l'Organisation du Traité de
sécurité collective de Moscou au départ de l'armée américaine de l'Etat
post-soviétique considéré par la Russie comme sa sphère
d'influence.
Les observateurs locaux ont indiqué que la base
aérienne sera à l'origine d'un nouveau cycle de marchandage entre le
Kremlin et Washington, s'ajoutant aux problèmes qui ont nuit aux relations
entre Moscou et Washington ces derniers temps.
Ces problèmes s'étendent des projets de bouclier
anti-missile à l'élargissement de l'OTAN, bien que les deux parties aient
adouci leurs propos sur ces dossiers.
Avec l'arrivée de l'administration Obama, le Kremlin
s'efforce d'atteindre un consensus avec Washington sur les sujets les plus
brûlants, à savoir l'élargissement de l'OTAN à l'Ukraine et à la
Géorgie, le réarmement de la Tbilissi par l'occident et les défenses
anti-missile en Europe,a déclaré Dmitri Trenin, directeur du Centre
Carnegie de Moscou.
"En termes de carottes, la Russie tient entre ses
mains la possibilité d'une coopération plus étroite avec l'occident sur
l'Afghanistan et l' Iran", a déclaré M. Trenin dans un article
publié sur le site Internet du "think tank" basé à Moscou.
Cependant, "penser que l'optique pourrait changer
dans la nuit est irréaliste", a-t-il souligné.
En février 2007, le président russe d'alors Vladimir
Poutine avait critiqué la politique étrangère de l'ancien président
américain George W. Bush, et l'attitude de l'OTAN envers la
Russie, et "rien ne semble avoir changé pour le mieux", a insisté
Vladimir Kozin, analyste politique basé à Moscou.
"Les relations entre l'OTAN et la Russie ne sont pas
des relations où le temps est toujours au beau fixe", a ajouté le
secrétaire général de l'OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, à la radio Echo
of Moscow le 8 février.