DAKAR, 19 février (Xinhua) -- Les organisations non
gouvernementales (Ong) Action Aid et Wetlands ont préconisé jeudi à
Dakar un cadre législatif et une "évaluation environnementale" afin de
contrôler la production de biocarburants au Sénégal.
"Sur le plan juridique (...) il n'existe pas encore
de cadre réglementant formellement la production, la transformation et la
commercialisation des biocarburants", souligne un rapport de
l'Ong Wetlands.
En 2007, le Sénégal, pays importateur de céréales et
de pétrole, a initié un programme pour promouvoir la production locale de
bio- diesel et d'éthanol à base de produits agricoles dont la canne à
sucre et des plantes comme le jatropha.
Selon Action Aid, ce programme vise 321.000 ha à
raison de 3. 000 ha par communautés rurales.
Mais les deux études rendues publiques par Action
Aid et Wetlands rendent compte des méconnaissances sur l'emploi de ces
nouvelles méthodes.
"Il s'agit d'une filière qu'on ne maîtrise pas
tellement", constate Mme Mbaye.
Pour la production de biocarburant, "nous avons
besoin des graines de jatropha qui contiennent de l'huile. Or dans
certaines zones du Sénégal, notamment les zones les moins humides, la
production de graines ne serait pas de qualité", a révèlé Fatou
Mbaye, la coordinatrice du programme de recherche sur les
biocarburants à Action Aid.
"La culture massive sur de grandes superficies n'est
pas connue du public sénégalais", a-t-elle insisté.
"Je m'inquiète du développement du biocarburant
sur la sécurité alimentaire dans mon pays", s'est alarmé un producteur
membre de la Fédération des Ong du Sénégal (Fongs), Ousmane Ly, qui
dénonce "le manque de concertation" entre l'Etat et les
organisations paysannes.