Andry Rajoelina, le leader
de l'opposition
ANTANANARIVO, 16
février (Xinhua) -- Le dirigeant de l'opposition malgache Andry Rajoelina,
qui réclame la démission du président Marc Ravalonmanana, a tenté lundi
d'installer ses "ministres", tentatives qui ont été empêchées par les
forces de sécurité.
Après un rassemblement sur la place 13-mai dans le
centre-ville d'Antananarivo, les partisans de l'opposition ont suivi dans
l'après-midi les "ministres" nommés par M. Rajoelina, en vue
d'entrer dans les bâtiments des ministères.
Ces derniers jours, M. Rajoelina, qui avait déclaré
avoir pris la charge des affaires nationales, avait appelé ses "ministres"
à entrer dans les bâtiments des ministères pour "y travailler".
Mais les partisans de M. Rajoelina ont été empêchés
par les forces de l'ordre qui ont barré la route à la sortie de la place
13-mai vers les ministères. Nombre de supporteurs du président Marc
Ravalomanana étaient aussi sur place, mais séparées par les forces de
l'ordre avec ceux de l'opposition.
Après que M. Rajoelina et son "Premier ministre"
Monja Roindefo eurent négocié avec les forces de l'ordre, les partisans de
l'opposition ont commencé à se dispercer, a constaté un corrpondant
de Xinhua.

Lundi soir, M. Rajoelina a annoncé sur la chaîne de
télévision "Viva" que ses "ministres" tenteraient de s'installer mardi
dans les ministères, et demandé au gouvernement de définir la limite
des "zones rouges" devant les ministères.
Il a également appelé ses partisans à revenir mardi
matin sur la place 13-mai, l'endroit habituel de rassemblement de
l'opposition, où il leur présentera sa "stratégie" pour installer
ses ministres".
Sur sa propre chaîne de télévision "Viva", dont la
fermeture a été ordonnée par le président Marc Ravalomanana, le maire
destitué d'Antananarivo a également affirmé que les "peuples" n'entreront
pas dans les ministères, mais resteront jusqu'à la limite des "zones
rouges" et que seuls ses "ministres" et des membres de la délégation de
l'opposition entreront dans les ministères.
La préfecture de police de la capitale et le
gouvernement avaient annoncé que tous les ministères seront des zones
rouges et qu'il n'y aurait pas de sommation.
Lundi, des coups de feu ont été entendus vers la fin
du rassemblement des partisans de l'opposition. Selon le site
internet malgache Sobika (www.sobika. com), des casses et des actes
de violences ont eu lieu lundi soir et des bandes de casseurs munis de
cocktail molotov étaient visibles dans la rue.

Les forces de l'ordre ont rendu publics des numéros
d'urgence pour dénoncer les casseurs.
Avant la nuit, les manifestants qui restaient sur
place, ont eu un petit conflit avec les forces de sécurité. Selon les
médias malgaches, les partisans d'opposition ont jeté des pierres, alors
que les forces de sécurité ont tiré en sommation pour disperser les
manifestants.
Le maire d'Antananarivo, Andry Rajoelina, destitué
le 3 février dernier par le ministère de l'Intérieur, s'engage dans un bras
de fer avec le président Marc Ravalomanana et mène depuis un
mouvement de contestation, qui s'est soldé en des manifestations,
parfois sanglantes.
Le 7 février, 28 personnes ont trouvé la mort lors
d'un affrontement violent entre les manifestants et la garde
présidentielle qui, selon les médias locaux, ont tiré sur la
foule des partisans de M. Rajoelina.
Les deux parties ont entamé des pourparlers qui
n'ont pas fait de percées jusqu'à présent. Samedi dernier, le gouvernement
malgache a affirmé que le dialogue se poursuivait et devrait
produire des résultats la semaine prochaine.
