WASHINGTON, 12 février (Xinhua) -- La crise
économique mondiale grandissante plonge jusqu'à 53 millions de personnes
dans la pauvreté dans le monde en voie de développement et constitue une
sérieuse menace pour l'atteinte des objectifs de réduction de la
pauvreté globalement convenus, a déclaré jeudi la Banque mondiale
(BM).
Des nouvelles estimations pour 2009 indiquent que la
baisse de l'économie amènera 46 millions personnes supplémentaires à vivre
avec moins de 1,25 dollars par jour, a prévenu la BM.
Au total 53 millions supplémentaires de personnes
resteront coincées en deça de la barre de deux dollars par jour,
rejoignant 130 à 155 millions d'autres poussées dans la pauvreté en 2008 à
cause de la flambée des prix des aliments et du carburant.
Ces nouvelles prévisions soulignent la sérieuse
menace qui pèse sur l'atteinte des Objectifs du milliénaire pour le
développement, qui fixent des objectifs spécifiques pour la réduction de la
pauvreté d'ici 2015.
La nouvelle étude montre que les taux de croissance
économique sensiblement abaissés retarderont le progrès de manière
significative dans la réduction de la mortalité infantile.
Si la crise persiste, 1,4 à 2,8 millions enfants
supplémentaires pourront mourir entre 2009 et 2015.
"La crise économique mondiale risque de devenir une
crise humaine dans plusieurs pays en voie de développement s'ils ne
prennent pas de mesures ciblées pour protéger les personnes
vulnérables dans leurs communautés, a averti le président de la
BM Robert Zoellick.
"C'est une crise mondiale qui requiert une solution
mondiale. Les besoins des pauvres populations dans les pays en voie de
développement doivent se mettre sur la table", a-t-il martelé.
Dans une note de politique générale rendue publique
à l'approche de la rencontre des ministres des Finances du G7
prévue samedi, la BM a signalé que 40% des 107 pays en voie de
développement étaient extrêmement exposés à la pauvreté qui résulte
de la crise et le reste était modérément esposé, avec moins de 10% qui
court un risque faible.
M. Zoellick a récemment appelé à la
création d'un "Fonds de vulnérabilité" dans le cadre duquel chaque
pays développé allouera 0,7% de son plan de relance.