ANTANANARIVO, 11 février (Xinhua) -- La Communauté
de l'océan Indien (COI) a appelé au calme et au rétablissement de l'ordre
public à Madagascar, la grande île secouée par une crise
politique depuis près de deux mois, selon un communiqué de presse publié
mercredi par le ministère des Affaires étrangères malgache.
"Nous sommes venus en voisins attentifs et en
partenaires solidaires, associer notre voix à celles qui appellent au
calme et au rétablissement de l'ordre public", a indiqué Sultan Chouzou,
ambassadeur de l'Union des Comores auprès de l'Union européenne, qui
a conduit une délégation de la COI mercredi à Antananarivo.
Sultan Chouzou a insisté sur le fait que les
partenaires internationaux sont là en tant que facilitateurs seulement en
rappelant l'importance du respect de la Constitution.
La délégation de la COI, composée de 7 représentants
de ses cinq membres (Comores, Madagascar, Maurice, La Réunion, et
Seychelles), a été reçu par le ministre malgache des Affaires
étrangères Marcel Ranjeva.
Le secrétaire d'Etat français chargé de la
Coopération et de la Francophonie, Alain Joyandet, a précisé que la
délégation a pour objectif d'appuyer l'Organisation des Nations Unies en
mission d'évaluation.
"La France souhaite une solution politique pacifique
à cette crise", a-t-il dit et d'ajouter : "La communauté internationale
a été surprise par la violence et autant de morts en une crise
politique, et souhaite que cette violence ne se répète plus".
Les membres ont aussi rencontré le président
malgache Marc Ravalomanana mercredi en début de soirée, selon le site
Internet de la présidence.
"Notre message est clair : l'ordre constitutionnel
et le refus de violences, et aussi l'appel au dialogue", a déclaré M.
Joyandet à la sortie de cette rencontre, en invitant les parties à ne pas
prendre des initiatives à même de relancer la violence.
Les cinq autres membres de la délégation sont le
secrétaire de la COI Callixte d'Offay, l'ancien président mauricien Karl
Hoffman, l'ancien ministre des Affaires étrangères des Seychelles et
ancien secrétaire général de la COI Jérémie Bonnelame, le vice-président
du Conseil général de La Réunion Wilfrid Bertile et le président de
l'Union des Chambres de la Commerce et de l'Industrie de l'océan Indien
Marday Venkatasamy.
La délégation de la COI arrive quatre jours après le
début de la mission du sous-secrétaire général de l'ONU pour les affaires
politiques, Haile Menkerios, venu samedi dernier dans la capitale
malgache, en vue de trouver une solution démocratique et pacifique à
la crise politique dans le pays.
Suite aux rencontres de M. Menkerios avec M.
Ravalomanana et avec le leader de l'opposition Andry Rajoelina, les deux
rivaux sont convenus d'accepter le secrétaire général de l'ONU Ban
Ki-moon pour être leur médiateur dans l'actuelle crise politique,
qui a fait au moins 28 morts.
Toutefois, M. Rajoelina a posé ses conditions pour
le dialogue: la mise en place d'un gouvernement de transition et la tenue
des élections anticipées après que M. Ravalomanana fut traduit en
justice pour les violences de samedi dernier.
La crise a commencé en décembre dernier quand M.
Ravalomanana a ordonné de fermer la station de Radio et télévision privée
de M. Rajoelina pour sa diffusion d'une interview avec l'ancien
président malgache Didier Ratsiraka, qui vit en exil en France
depuis la prise du pouvoir par Ravalomanana en 2002.
Samedi dernier, les gardes présidentiels ont
ouvert le feu sur les manifestants antigouvernementaux, qui ont tenté
d'entrer dans le palais présidentiel. Les principaux hôpitaux de la
capitale ont confirmé au moins 28 morts et plus de 200 blessés.