HARARE, 11 février (Xinhua) -- Morgan Tsvangirai,
leader du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition), a
prêté serment mercredi comme Premier ministre du gouvernement
d'unité du Zimbabwe.
M. Tsvangirai, 56 ans, a été investi par le
président Robert Mugabe lors d'une cérémonie à Harare, aux côtés de ses
deux adjoints.
M. Tsvangirai et ses adjoints, le leader du MDC-M,
le professeur Arthur Mutambara, et le vice-président du MDC-T,
Thokozani Khupe, ont prêté serment en vertu de l'accord conclu
l'année dernière.
Des milliers de personnes, y compris des officiels
de la Zanu- PF et des factions du MDC, des représentants des organisations
internationales, des diplomates étrangers à Harare et des
journalistes des différents pays ont participé à la cérémonie de
prestation de serment organisé au palais présidentiel mercredi matin
dans la capitale zimbabwéenne.
Les dirigeants régionaux étaient également présents
à cette occasion, notamment le président de l'Union africaine (UA), Jean
Ping, et l'ancien président sud-africain, Thabo Mbeki, qui avait
arbitré les négociations sous mandat de la Communauté de
développement d'Afrique australe (SADC). Le roi Mswati III du
Swaziland et le président mozambicain, Armando Guebuza, avaient
également fait le déplacement.
Les dirigeants du parti devraient maintenant former
un cabinet de 31 membres, avec des ministres qui devraient prêter serment
d'ici vendredi, selon un calendrier fixé pour eux par la SADC.
La prestation de serment marque la seconde étape
vers la création d'un gouvernement inclusif au Zimbabwe d'après l'accord
du 15 septembre signé par les trois principaux acteurs politiques du
pays, à savoir la Zanu-PF, le MDC-T et le MDC-M.
La première étape avait consisté en la création d'un
Comité conjoint de surveillance et d'application il y a deux
semaines.
La formation du comité et l'investiture de M.
Tsvangirai devraient conduire à la dernière phase de la prestation de
serment des ministres du cabinet du gouvernement inclusif vendredi,
mettant fin au long processus qui a vu les dirigeants de la SADC
faire la navette entre Le Zimbabwe et l'Afrique du Sud ces six
derniers mois afin de tenter de trouver une solution amicale à la
crise zimbabwéenne.
Les Zimbabwéens de toutes les
couches de la société, qui souffrent des conditions économiques
désastreuses du pays, attendent beaucoup de ce nouveau gouvernement
inclusif.
Mardi, M. Tsvangirai a nommé son équipe du cabinet
avant même sa prestation de serment. Le secrétaire général du MDC-T,
Tendai Biti, sera ministre des Finances, et son trésorier adjoint, Elton
Mangoma, a obtenu le ministère de l'Economie et des Investissements,
selon New Ziana.
L'éminent avocat de la capitale, Eric Matinenga, a
été nommé ministre des Affaires constitutionnelles et parlementaires,
alors que le porte-parole charismatique du parti, Nelson Chamisa,
occupera le ministère de l'Information et des Technologies de la
communication.
Selon l'accord sur le partage des pouvoirs signé par
la Zanu- PF et les deux formations du MDC en septembre dernier, la
principale faction de l'opposition se verra attribuer 13 postes
ministé riels et six adjoints, alors que la Zanu-PF s'est vu confier
15 ministères et huit adjoints. Le MDC-M compte trois ministres et un
adjoint.
La crise politique au Zimbabwe a éclaté lors des
élections générales en mars 2008, dans lesquelles la Zanu-PF a perdu sa
majorité dans le Parlement, pour la première fois depuis
l'indépendance du pays. Le MDC-T a obtenu 110 sièges contre 99 pour
la Zanu-PF.
Tsvangirai a aussi remporté plus de voix que le
président Robert Mugabe dans l'élection présidentielle tenue en même
temps. Il a renoncé à sa participation au deuxième tour sur fond de
violences.
Grâce aux bons offices du président sud-africain de
l'époque, Thabo Mbeki, qui a agi sous le mandat de la SADC, la Zanu-PF et
les deux factions du MDC ont signé un mémorandum de compréhension en
juillet 2008 et un accord politique en septembre qui prévoit la formation
d'un gouvernement inclusif.
Aux termes de cet accord, les trois parties
partagent le pouvoir pendant une période de cinq ans, après laquelle, des
élections devront se tenir.