KABOUL, 11 février (Xinhua) -- Dans la dernière
vague de violence illustrée par des attaques coordonnées, les insurgés
talibans ont visé mercredi matin plusieurs bâtiments du
gouvernement, y compris le ministère de la Justice, tuant au moins 19
personnes et en blessant 54 autres, a déclaré le porte-parole du ministère
de la Santé publique, Abdul Fahim.
Quasiment au même moment, les militants ont fait
exploser un centre de détention du ministère de la Justice dans la zone de
Khair Khana, ainsi que l'immeuble abritant le ministère de la
Justice située à une centaine de mètre du palais présidentiel
fortifié.
La première attaque s'est produite au ministère de
la Justice, qui est située au coeur de la capitale près du ministère des
Finances et à la porte sud du palais présidentiel.
Un groupe d'assaillants munis de gilets explosifs
ont pénétré le ministère avec des fusils, selon des témoins.
"Suite aux attaques terroristes à Kaboul
aujourd'hui, 19 personnes ont été tuées et 54 autres sont grièvement
blessées et certains se trouvent même dans un état critique", a révélé M.
Fahim à Xinhua, précisant que la grande majorité des victimes
sont des civils.

Les assaillants, selon Zabihullah Mujahid,
porte-parole des militants, étaient au nombre de 16 et sont entrés dans
Kaboul pour détruire les immeubles du gouvernement.
Il a également soutenu que les militants
attaqueraient plus d'immeubles du gouvernement.
C'est la première fois que les insurgés mènent des
attaques multiples en une seule journée, entraînant la panique dans la
population afghane, qui a énormément souffert des guerres qui
s'enchaînent depuis ces trois dernières décennies.
Les attaques d'aujourd'hui se sont produites, alors
que l'envoyé spécial des Etats-Unis en Afghanistan et au Pakistan est
attendu cette semaine à Kaboul.
Plus tôt, la milice avait revendiqué l'explosion
mortelle de la voiture piégée à la mi-janvier devant l'ambassade
allemande, qui a fait une vingtaine de morts et de blessés.
Les militants talibans, qui ont organisé leur retour
il y a trois ans dans le sud de l'Afghanistan, font monter les pressions
dans la capitale Kaboul depuis le début de l'année 2008.
