OUAGADOUGOU, 8 février (Xinhua) -- Les
consommateurs burkinabé toute tendance confondue ne savent plus où donner de la
tête, les prix des céréales ayant atteint des records inégalés alors
que les statistiques montrent que les récoltes ont été "bonnes" à
cette campagne agricole.
Un consommateur, Aliou Barry, fonctionnaire, ne s'en
revient pas. Il dit ne pas comprendre comment peut-on acheter en début
d'année, le sac de maïs à plus de 13.000 F CFA (20 euros) alors que
la campagne agricole a été jugée bonne cette année conformément aux
prévisions des spécialistes.
Contrairement à l'attente des consommateurs qui
espéraient une baisse des prix, ceux-ci ne font que grimper de jour en
jour au Burkina Faso.
Les prix des céréales ont, dans leur grande
majorité, connu une hausse en ce début d'année 2009. Le sac de maïs de 100
kg se négocie actuellement à 13.500 F CFA à Bobo-Dioulasso, à 11.000 F
CFA à Faramana ou à Houndé et plus de 17.000 FCFA à Ouagadougou
alors que ces différents prix tournaient autour de 8.000 F CFA
pendant le mois d'octobre 2008.
"Nous vendions nos sacs de maïs à 13.500 F CFA. Les
prix ont augmenté ces derniers temps car il y a, à peine deux mois, nous
les vendions à 8.000 F CFA", dit Moussa Ouattara, commerçant de
céréales.
Selon un rapport du ministère en charge de
l'agriculture, ces prix étaient à la même période de l'année dernière
respectivement de 9.000 F CFA le sac et 1.500 F CFA la tine.
Le riz, un produit de grande consommation a lui
aussi vu ses prix grimper. La boîte de riz étuvé (2 kg) est passée de 500
à 650 F CFA tandis que celle du riz blanc de 650 à 750 F CFA.
Selon le président d'une coopérative de production
de riz à Bama (20 km au Nord de Bobo Dioulasso), Boureïma Ouédraogo, le
riz local n'a pas un prix fixe et les fluctuations de ces derniers
temps sont essentiellement dûes aux fêtes de fin d'année.
Un consommateur Moussa Ouattara, quant à lui,
attribue essentiellement la hausse du prix du maïs à son exportation vers
les pays voisins où le sac de 100 kg de maïs se vend à prix d'or
à savoir entre 21.000 et 25.000 F CFA.
Les services techniques de l'agriculture trouvent
que les hausses des prix des céréales sont liées au phénomène de la vie
chère, à la forte demande des céréales et à l'impact des difficultés
que connaît la production cotonnière.
Pour un technicien de l'agriculture, Théodore
Nikiéma, les producteurs préfèrent bien gérer leurs stocks de maïs que de
les vendre parce que, selon eux, le coton ne fait plus entrer de
l'argent comme de par le passé.
Actuellement, l'inquiétude se lit sur le visage
des responsables en charge de l'agriculture qui se demande comment
sera gérée la période de soudure au regard des prix exorbitants proposés
par les commerçants pour acquérir le maïs.