ADDIS ABEBA, 4 février
(Xinhua) -- Le 12e Sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union
africaine (UA) à Addis Abeba, a pris fin mercredi, au lieu de mardi comme
prévu, alors que la divergence reste en ce qui concerne la création d'un
gouvernement de l'union de l'Afrique.
Le leader libyen Mouammar Kadhafi, partisan fervent
du gouvernement de l'union, a été élu à la présidence de l'Union
africaine (UA) pour les douze prochains mois, en succédant au
tanzanien Jakaya Mrisho Kikwete.
Pendant les travaux, les dirigeants et représentants
d'une cinquantaine de pays membres ont notamment examiné le
développement des infrastructures, thème du sommet, la crise
financière et la sécurité du continent.
UN GOUVERNEMENT DE L'UNION, ENCORE UN LONG CHEMIN A
PARCOURIR
Le sommet a débuté par une session spéciale d'une
journée sur le gouvernement de l'union de l'Afrique, qui a abouti à un
compromis, soit la création d'une nouvelle autorité de l'UA,
instance exécutive chargée de préparer un gouvernement d'unité
qui réunit les 53 pays du continent.
Cette nouvelle autorité, qui remplace la Commission
de l'UA, doit entrer en fonction en milieu d'année.
L'idée sur la mise en place d'un gouvernement
d'union, une étape à l'objectif ultime des Etats Unis de l'Afrique, a été
officiellement inscritte dans la Déclaration d'Accra au terme du 9e
Sommet de l'UA en juillet 2007.
Début 2008, le 10e Sommet de l'UA a décidé de créer
une commission regroupant douze chefs d'Etats, chargée de formuler
des recommandations sur la matérialisation du concept des Etats unis
d'Afrique à travers un gouvernement uni du continent.
Pourtant, cette ambition, dont Mouammar Kadhafi est
l'un des principaux artisans, ne fait pas l'unanimité au sein du
continent.
Des sujets contentieux surgissent autour d'une série
de questions, dont la feuille de route, de la nature du
gouvernement, de la souveraineté et de la mobilisation des communautés
économiques régionales.
Ce dossier divise l'Afrique en deux parties : les
" maximalistes", qui prônent la création du gouvernement d'union
africaine avec comme représentants les Etats membres de la
Communauté des Etats sahélo-sahariens (CENSAD), et les
" gradualistes", qui plaide pour une formation progressive de
l'intégration ou un maintien du statu quo, avec en tête l'Ouganda et
l'Ethiopie et les pays de la Communauté des Etats d'Afrique australe
(SADC).
LES INFRASTRUCTURES SOUS LE CHOC DE LA CRISE
ECONOMIQUE MONDIALE
Deux jours de travaux ont été consacrés aux
infrastructures et à la crise économique mondiale.
Elham M.A. Ibrahim, le Commissaire de l'Union
africaine pour les infrastructures et l'énergie, a déploré que le niveau
actuel du développement des infrastructures en Afrique était loin de
permettre au continent d'atteindre ses objectifs du millénaire en
matière de développement socio-économique et de réduction de la
pauvreté.
"L'Afrique doit rapidement intégrer ses
infrastructures pour accélérer le développement économique et social",
a-t-il estimé.
Le choix du thème de ce sommet, le développement des
infrastructures en Afrique, "n'est pas anodin", car il "donne le
signal attendu de l'accélération du processus d'intégration physique
du continent à travers des projets concrets à vocation régionale,
interrégionale et continentale", a souligné le président de la Comission
de l'UA, Jean Ping.
Il a mis l'accent sur la nécessité de mettre sur les
rails une stratégie pour la modernisation et le développement des
infrastructures axée sur les trois orientations, à savoir les grands
travaux d'infrastructures de transport, l'Afrique- Hydroélectricité 2020,
et l'Architecture institutionnelle de développement des
infrastructures.
Pourtant, sur fond de crise économique mondiale, de
nombreux dirigeants africains n'ont pas caché leur inquiétude vis-à-vis
d'une baisse de l'aide internationale, source majeure du financement
des infrastructures.
"Nos Etats sont maintenant en butte aux difficultés
résultant des crises, ils s'apprêtent à subir de plein fouet les
conséquences inévitables de la récession économique mondiale qui
s'installe", a indiqué M. Ping.
"Les défis auxquels l'Afrique est confrontée sont
réels, nombreux et complexes", a-t-il fait savoir.
Face aux défis, M. Ping a appelé les pays africains
à se constituer en un front commun pour apporter des réponses fortes,
de manière à forger un poids politique réel.
"L'Afrique peut avoir les moyens de ses ambitions
dès lorsqu'elle est unie et en a la volonté", a-t-il dit.
Sur le plan de la gestion de la crise économique, M.
Ping a souligné la nécessité d'une plus forte implication de l'Afrique
dans l'élaboration des règles de gouvernance économique mondiale.
En novembre dernier, la commission a co-organisé à
Tunis la réunion des ministres africains des Finances et des gouverneurs
des banques centrales, pour édifier les bases de la réponse commune
du continent à la crise financière mondiale, et faire entendre la voix de
l'Afrique aux réunions du G20 sur la réforme du système financier du
monde.
La commission poursuivra ses efforts pour faire
progresser le processus de création des trois institutions financières que
sont la Banque africaine d'investissement, le Fonds monétaire africain
et la Banque centrale africaine, a affirmé M. Ping.
LA PAIX ET LA SECURITE EN MARCHE
Outre les infrastructures en Afrique, ce sommet a
accordé une large place aux questions d'actualité comme les crises
régionales.
Autant de préoccupations vis-à-vis de l'insécurité
sur le continent étaient à la table du sommet : la crise politique en
cours au Madagascar dégénérée en violences, la dernière attaque
contre l'Amisom en Somalie, les deux coups d'Etats en Guinée et
en Mauritanie survenus en l'espace de six derniers mois.
La persistance de conflits ouverts et la
multiplication de foyers de tension latente, avec la montée de nouvelles
menaces globales, minent toutes les initiatives visant à asseoir la
stabilité sur le continent, a martelé M. Ping.
Toutefois, ces contrecoups ne peuvent éclipser des
avancées significatives enregistrées en matière de sécurité sur le
continent. M. Ping a salué à plusieurs reprises dans ses allocutions
les évolutions positives sur le sol africain.
En République démocratique du Congo (RDC),
l'arrestation du général Laurent Nkunda et la reprise du dialogue direct
entre la RDC et le Rwanda font espérer des perspectives très prometteuses
quant au retour d'une paix durable dans la sous-région.
En Somalie, qui vient d'avoir un nouveau président,
le Conseil de sécurité de l'ONU a exprimé son intention d'établir une
opération onusienne de maintien de la paix destinée à prendre la
relève de la Mission de l'Union Africaine en Somalie (Amisom).
Au Darfour, des progrès importants ont été réalisés
sur le plan du déploiement de l'Opération hybride UA-ONU au Darfour
( MINUAD) qui compte atteindre les 80% de ses effectifs en mars
prochain.
Les efforts de paix et de reconstruction
post-conflit se poursuivent au Burundi, aux Comores, au Liberia, en Sierra
Leone, en République centrafricaine et au Sud-Soudan, tandis qu'en Côte
d'Ivoire,tout semble s'acheminer vers une sortie de crise.
Le bon déroulement des élections en Guinée-Bissau,
en Zambie, en Afrique du Sud et au Ghana a prêché un exemple pour tout le
continent.
Au Zimbabwe, un grand pas a été accompli vers la
sortie de crise avec la décision des parties prenantes de former un
gouvernement d'union à la mi-février.
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Le gouvernement de l'union de l'Afrique,
encore un long chemin à parcourir (ANALYSE)
ADDIS ABEBA, 4 février (Xinhua) -- Les dirigeants africains, réunis du
1er au 3 février à Addis Abeba dans le cadre du 12 sommet de l'Union
africaine (UA), ont échoué une nouvelle fois dans leur tentative de
trouver un accord sur la mise en place d'un gouvernement de l'union, première
étape vers l'ambition ultime de la création des Etats-Unis d'Afrique.
UA : la BAD met l'accent sur l'intégration africaine au
profit du financement des infrastructures
ADDIS ABEBA, 3 février (Xinhua) -- La Banque africaine du développement (BAD)
a publié une déclaration sur le développement des infrastructures en Afrique,
thème fixé pour le 12e Sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union
africaine (UA) tenu du 1er au 3 février à Addis Abeba, indique un
communiqué publié mardi.
La crise financière mondiale a un impact important sur
l'Afrique, dit un officiel de l'ONU
ADDIS ABEBA, 3 février (Xinhua) -- Le secrétaire général adjoint des
Nations-unies et secrétaire exécutif de la Commission économique pour l'Afrique
Abdoulie Janneh a indiqué mardi à Addis Abeba au cours du 12ème sommet de
l'Union africaine (UA) que la crise financière mondiale pourra avoir un impact
important sur les économies africaines.
Ouverture du 12e Sommet de chefs
d'Etat et de gouvernement de l'UA

ADDIS-ABEBA, 2 février (Xinhua) -- Les dirigeants et
représentants d'une cinquantaine de pays membres de l'Union africaine (UA)
ont entamé officiellement lundi leur 12e Session ordinaire de l'Assemblée
de chefs d'Etat et de gouvernement à Addis-Abéba, précédée la veille par
une session spéciale d'une journée consacrée au "gouvernement de l'union"
du continent.
UA/sommet : Ban Ki-moon préconise des
mesures concrètes pour relever les défis 

ADDIS ABEBA, 2 février (Xinhua) -- Le secrétaire général de l'ONU, Ban
Ki-moon, participant à la session d'ouverture du 12ème sommet de l'Union
africaine (UA) lundi à Addis Abeba, a appelé les pays africaines à adopter
des mesures concrètes pour développer les infrastructures, ces dernières
étant la clé du développement du continent.