KHARTOUM, 4 février (Xinhua) --
Les forces gouvernementales soudanaises ont annoncé mercredi s'être
emparées d'une ville majeure dans la région soudanaise occidentale du Darfour
ravagée par la guerre, qui était tombée entre les mains des rebelles à la
mi-janvier.
Osman Mohammed al-Aghbash, porte-parole des
forces armées soudanaises (SAF), a affirmé dans une déclaration que les
troupes gouvernementales ont repris la ville de Mouhajiriya au Darfour
des mains du Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM).
Le porte-parole a affirmé que
les troupes ratissaient actuellement la région à la recherche du reste des
rebelles, sans donner la date de la reprise de Mouhajiriya.
"Cette victoire intervient à la suite d'une série de
défaites infligées aux rebelles du JEM par les forces armées", a indiqué
le porte-parole.
Mouhajiriya, à 80 km à l'est de Nyala, capitale
de l'Etat du Sud-Darfour, avait été contrôlée par le Mouvement de
libération du Soudan sous la conduite de Mini Arkou Miniwi qui a signé
un accord de paix avec le gouvernement soudanais en mai 2006 avant que
la zone ne soit occupée par le JEM le 15 janvier.
Cette annonce a été faite après que les forces de
maintien de la paix de l'ONU et de l'Union africaine (MINUAD) eurent
refusé de quitter la région comme ce que réclamait le gouvernement
soudanais.
La MINUAD a indiqué qu'au moins 30 personnes
avaient été tuées et des milliers d'autres ont fui les combats entre les
troupes gouvernementales et les rebelles au cours des deux dernières
semaines.
Lundi, le JEM a affirmé qu'il pourrait retirer ses
troupes de Mouhajiriya à condition que la ville disputée soit transformée
en zone démilitarisée sous le contrôle de la MINUAD sans la présence
des troupes gouvernementales et des militants de M. Miniwi.
Toutefois, Ali al-Sadiq, porte-parole du
ministère soudanais des Affaires étrangères, a immédiatement rejeté la proposition
du mouvement rebelle, estimant qu'il n'y a pas de places pour des
conditions de la part du JEM.
Il a juré que l'armée soudanaise reprendra la ville
en temps opportun.
Mahdi Mandour, secrétaire aux relations politiques
au sein du Parti du congrès national, parti au pouvoir, a confié aux
journalistes mardi à Khartoum que le Soudan ne pourra pas abandonner
sa souveraineté ou sa responsabilité de protéger ses citoyens et obligera
les rebelles à quitter la ville, si ces derniers ne retirent pas leurs
troupes à temps.
Le chef de la MINUAD, Rodolphe Adada,
devra rencontrer le dirigeant du JEM, Khalil Ibrahim, dans l'est du Tchad
jeudi pour discuter de la question de Mouhajiriya.
A New York, la représentante permanente des
Etats-Unis à l'ONU, Susan Rice, a critiqué mardi le gouvernement soudanais
pour avoir bombardé des cibles proches de Mouhajiriya.
Après avoir assister à un point de
presse du Conseil de sécurité de l'ONU sur la question, la
diplomate américaine a déclaré aux journalistes que l'aviation du gouvernement
soudanais a largué 28 bombes mardi matin.