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La paix israélo-palestinienne reste sombre(ANALYSE)
  2009-02-05 07:25:05  

    JERUSALEM, 4 février (Xinhua) -- En dépit de la baisse de la  récente confrontation avec l'armée israélienne dans la bande de  Gaza, le Hamas ne semble plus rechercher la reconciliation avec  son rival, le Fatah, laissant la nation palestinienne divisée et  toutes les chances pour les négociations de paix israélo- palestiniennes incertaines.  

     Le Hamas a fermement rejeté la proposition d'une réconciliation nationale sous l'égide de l'Organisation de libération de la  Palestine (OLP), faite par le président de l'Autorité  palestinienne Mahmoud Abbas, et a accusé Abbas de se ranger du  côté d'Israël au cours des 22 jours de l'opération israélienne " Plomb durci".  

     "Abbas et ses partisans s'attendaient à la ruine du Hamas et de sa résistance pour rentrer à Gaza sur les chars israéliens après  la fuite de la plupart d'entre eux dans leur sous-vêtement en juin 2007", a déclaré un haut responsable politique du Hamas Mohamed  Nazzal.  

     Ziad Abu Amr, analyste politique palestinien et ancien ministre des Affaires étrangères au sein de l'Autorité palestinienne, a  indiqué à Xinhua: "Je ne vois aucun signe de rapprochement  immédiat entre le Fatah et le Hamas (...) mais la possibilité pour le futur reste ouverte".  

     Il a souligné que la division actuelle entre les Palestiniens  n'était pas tenable sur le long terme pour le Hamas, étant donné  que Gaza reste coupé du monde et la seule façon de mettre un terme au siège serait de mener des négociations par un front palestinien uni.  

     "La position palestinienne dans toute négociation dépendra du  dégré d'unité qu'ils ont réussi à accomplir", a-t-il estimé. 

     Quoique l'OLP ait eu à représenter les intérêts du peuple  depuis 1964, des mouvements islamistes créés plus tard, tels que  le Hamas et le Jihad islamique, n'en ont jamais fait partie malgré un accord en 2005 pour leur inclusion.  

     L'OLP, qui a officiellement reconnu l'Etat hébreu dans les  Accords d'Oslo, reste l'unique représentant légitime du peuple  palestinien sur le plan international, y compris ceux qui sont  dans les camps de réfugiés au Liban, en Jordanie et en Syrie.  

     Néanmoins, le soutien populaire dont bénéficie le Hamas à la  fois à Gaza et en Cisjordanie limite, sur le plan pratique, le  pouvoir de négociation de l'OLP.  

     A la suite de la défaite infligée aux forces du Fatah par le  Hamas et la prise subséquente de Gaza en juin 2007, les relations  entre le Hamas et le Fatah se sont rapidement détériorées.  

     Pendant que le Fatah a bénéficié du soutien et de la  reconnaissance de l'Occident, le Hamas est devenu de plus en plus  isolé.  

     "Je pense que les chances d'une réconciliation entre le Fatah  et le Hamas pour travailler ensemble comme un gouvernement d'union nationale sous l'égide de l'OLP sont maintenant plus faibles  qu'avant la guerre qui a mené à l'exil du Fatah de Gaza", a  indiqué à Xinhua Ghassan Khatib, vice-président de l'Université de Birzeit proche de Ramallah.  

     "Même s'il y avait une nouvelle élection qui demanderait  d'abord un accord et les deux parties ne sont pas dans une  position de s'entendre même sur une élection", a-t-il ajouté.  

     Quoique l'opération "Plomb durci" d'Israël aurait, du point de  vue des services de renseignements israéliens, asséné presque un  coup fatal à la puissance militaire du Hamas, le mouvement  islamiste reste néanmoins renforcé par un soutien populaire  croissant.  

     "Le Hamas est devenu plus fort politiquement en raison des  nombreux dégâts subis au cours de sa résistance à l'armée  israélienne", a affirmé Khatib.  

     Il a noté que le sondage qui sera rendu public jeudi pourra  montrer un changement dans le soutien au Hamas.  

     "La hausse de la popularité part du fait qu'il y a eu une  énorme sympathie publique de la part des Palestiniens en  Cisjordanie et à l'étranger. Quiconque est attaqué par Israël,  l'ennemi, deviendra populaire et plus fort", a-t-il estimé, et  d'ajouter: "Plus n'importe quel groupe est attaqué par Israël,  plus ce groupe devient crédible aux yeux du peuple palestinien".  

     Khatib a relevé qu'il était crucial à ce qui est qualifié de  victoire par le Hamas de montrer qu'il ne s'est pas rendu en  continuant de lancer tout type de missiles qu'il détient encore  même après avoir accepté un cessez-le-feu le 18 janvier, afin de  garantir qu'il garde sa crédibilité et sa réputation d'un  véritable groupe qui combat pour la liberté.  

     Toutefois, Abbas a dénoncé fermement le Hamas pour avoir rompu  le cessez-le-feu de six mois avec Israël en décembre, estimant que les roquettes qu'il a tiré sur le sud d'Israël ont provoqué sa  réponse militaire à Gaza.  

     "Le Hamas joue avec le futur du peuple, ils jouent avec le sang du peuple, le destin du peuple et le rève du peuple. Pourquoi? A  cause des agendas qui ne sont pas palestiniens", a déclaré Abbas,  soulignant que le Hamas sert les intérêts iraniens et syriens.  

     Dans une attaque au dirigeant du Hamas exilé, Khaled Mechaal  qui vit à Damas, Abbas a indiqué qu'il était irresponsable pour  les leaders palestiniens de promouvoir le conflit alors qu'ils  sont en sécurité avec leurs familles.  

     "La direction par l'envoi des messages à partir des lieux  sécurisés, pour jeter le peuple dans la perdition alors que vous  êtes en sécurité et vos familles sont installées et à l'abri, ce  n'est pas responsable", a déclaré Abbas.  

     Quoique l'estime du président palestinien reste largement non  ternie à l'étranger, sa popularité dans les territoires  palestiniens a dégringolé en raison entre autres de l'échec du  processus politique qu'il a engagé avec les discussions de paix  d'Annapolis.  

     "Le Hamas existe en Cisjordanie et y avait aussi réellement  remporté les élections législatives de janvier 2006. En fait, il  pourrait être plus fort actuellement en Cisjordanie qu'à Gaza", a  indiqué Khatib.  

     Il a néanmoins exclu les chances du Hamas de s'emparer  militairement de la Cisjordanie eu égard à la présence de l'armée  israélienne à travers la région.  

     Khatib a noté que les conditions d'un équilibre actuel du  pouvoir pourraient rester en place, avec le Hamas contrôlant Gaza  et une continuité d'un gouvernement soutenu par le Fatah en  Cisjordanie.  

     "D'après ce que je vois, Israël est très à l'aise avec  l'arrangement actuel. Dans l'esprit du leadership israélien, le  futur de la Cisjordanie est différent de celui de Gaza", a-t-il  affirmé.