ABIDJAN, 3 février (Xinhua) -- La
France va retirer 300 soldats de son dispositif Licorne stationnés à Bouaké,
fief de l'ex-rébellion ivoirienne dans le centre de la Côte
d'Ivoire, rapporte mardi la télévision nationale ivoirienne.
Le retrait des soldats français sera effectif à
partir du 15 mars avec le départ définitif de 300 soldats, selon la
télévision ivoirienne rendant compte d'une audience accordée lundi à
Bouaké par le Premier ministre Guillaume Soro à l'ambassadeur de France
en Côte d'Ivoire, André Janier, qu'accompagnait le commandant de la
force Licorne, le général Philippe Houbron.
"Nous profiterons de la relève du 15 mars prochain
pour réduire notre effectif de 300 soldats. Cette réduction va
atteindre le nombre de 900 personnes au début du mois de juin", a
précisé le général Philippe Houbron.
"Notre emprise de Bouaké qui compte actuellement 300
personnes sera également fermée", a-t-il poursuivi, soulignant que
"seulement le détachement de contact et de liaison restera en place
à Bouaké avec une dizaine de personnes".
Le gouvernement français a annoncé la semaine
dernière qu'il réduirait de moitié les effectifs de l'opération Licorne
d'ici l'été.
Dans le cadre de la coopération militaire entre la
France et la Côte d'Ivoire, environ 200 soldats français sont stationnés
au 43e Bataillon d'infanterie de marine d'Abidjan (BIMA) devenu
depuis l'année dernière "une base de soutien" à Licorne.
L'ambassadeur de France a indiqué que Paris
renégociait ses accords de défense avec la Côte d'Ivoire son ancienne
colonie.
"Les discussions se poursuivent sur la révision des
accords de défense et cela va dépendre du souhait de nos partenaires. Le
processus a été enclenché avec la Côte d'Ivoire", a-t-il dit.
"Nous ne resterons pas en Côte d'Ivoire si on ne
nous le demande pas", a insisté M. Janier.
L'opération Licorne a été lancée en 2002 sous mandat
onusien pour s'interposer entre les belligérants après la tentative de
coup d'Etat de l'ex-rébellion des Forces nouvelles contre le
président Laurent Gbagbo.
D'une mission d'interposition et de protection des
ressortissants étrangers notamment français, la Licorne s'est muée en
une force de "réaction rapide" au profit des casques bleus de l'Opération
des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) dont la mission vient d'être
prorogée de six mois avec la réduction de son effectif, passant de 8.115 à
7.450 personnes.
Le président Laurent Gbagbo et l'ex-rébellion ont
signé en mars 2007 un accord de paix qui prévoit la réunification du pays
et une élection présidentielle attendue courant 2009 après plusieurs
reports successifs.