LE CAIRE, 2 février (Xinhua) --
L'envoyé spécial américain au Moyen-Orient George Mitchell a achevé sa
première tournée dans la région dimanche et est arrivé en France lundi
pour poursuivre sa visite, dont l'objectif est d'aider à consolider un
cessez-le-feu fragile dans la bande de Gaza, relancer les discussions de
paix entre Israël et les Palestiniens ainsi que la recherche d'une
nouvelle politique américaine pour le Moyen-Orient dans le long terme.
RECONSTRUIRE L'IMAGE DES ETATS-UNIS
Depuis la cérémonie d'investiture le 20 janvier, le
président américain Barack Obama a exprimé sa disponibilité et sa bonne
volonté à s'engager dans les affaires du Moyen-Orient, à aider à
réactiver les négociations de paix bloquées et le plus important,
améliorer l'image des Etats-Unis dans la région en proie à des
troubles et dans le monde musulman en général.
Trois jours après la cérémonie de prestation de
serment d'Obama, qui a promis un "engagement actif dans la poursuite du
(processus) de paix arabo-israélien à partir du début" de son mandat, le
président américain a désigné le dipomate chevronné Mitchell comme le
nouvel émissaire au Moyen-Orient.
A la cérémonie de désignation de Mitchell, Obama a
déclaré: "Ce sera la politique de mon administration de rechercher
activement et de manière aggressive une paix durable entre Israël et les
Palestiniens ainsi qu'(entre) Israël et ses voisins arabes".
Mitchell, qui a fait partie d'une commission
internationale qui a examiné l'escalade du conflit israélo-palestinien en
2000, a été envoyé au Moyen-Orient pour des négociations de paix moins
d'une semaine après la prise de fonction d'Obama.
Au cours d'une conférence de presse à l'issue de la
rencontre avec le président égyptien Hosni Moubarak mercredi au Caire,
Mitchell a indiqué que c'est un signal fort que l'administration
américaine est engagée dans la paix au Moyen-Orient, étant donné
qu'il a été dépéché dans la région juste une semaine après la prise
de fonction d'Obama.
Alon Ben-Meir, professeur de relations
internationales à l'Université de New York, a repercuté les mêmes propos
dans un article d'analyse publié lundi dans le Daily News en Egypte en
estimant que la nomination de Mitchell est un signe positif de
l'administration Obama.
La désignation de Mitchell "est sans doute un signe
positif de l'engagement du président Obama pour la région (du
Moyen-Orient), démontrant qu'il y aura une implication immédiate et
directe américaine dans les négociations de paix arabes".
Entre temps, la nouvelle administration américaine
cherche aussi à améliorer les relations entre les Etats-Unis et le monde
musulman, dont les Arabes constituent une part importante.
Dans son discours d'investiture, Obama a déclaré:
"Au monde musulman, nous recherchons une nouvelle solution, basée sur
l'intérêt mutuel et le respect mutuel".
Dans une interview accordée à la chaîne al-Arabiya
basée à Dubai qui a été diffusée mardi, Obama a indiqué que son travail
pour le monde musulman est "de passer le message selon lequel les
Américains ne sont pas votre ennemi".
LA DURE REALITE POUR UNE NOUVELLE POLITIQUE AU MOYEN
-ORIENT
Au cours du séjour d'une semaine de l'émissaire
américain au Moyen-Orient débuté mardi, Mitchell a eu des discussions
intenses avec les dirigeants égyptiens, israéliens, palestiniens,
saoudiens, jordaniens sur les questions épineuses de la région,
particulièrement le récent conflit entre Israël et les militants
palestiniens à Gaza.
Mitchell a réitéré au cours des discussions avec les
leaders de la région que son pays pourra soutenir les efforts pour
renforcer le cessez-le-feu entre Israël et les groupes militants
palestiniens à Gaza, où l'Etat hébreu a lancé une offensive
militaire de 22 jours qui a tué quelque 1400 Palestiniens et blessé
5.500 autres.
En dépit de la promesse de Mitchell de contribuer à
cimenter le cessez-le-feu à Gaza et relancer les négociations de paix, il y
a toujours des questions épineuses auxquelles l'émissaire américain
est confronté.
Quoiqu'Israël et les groupes palestiniens conduits
par le Hamas observent un cessez-le-feu depuis le 18 janvier
respectivement, des conflits sporadiques éclatent de temps en temps
faisant des dégâts et des victimes des deux côtés.
Pour la nouvelle administration américaine, elle
doit prendre en considération les difficultés sur le terrain afin de
lancer sa nouvelle politique pour le Moyen-Orient.
Comment fonctionner avec le Hamas, qui a été
catalogué comme un groupe terroriste par l'Occident, est une question
importante dans la redéfinition d'une politique américaine pour le
Moyen-Orient.
Ben-Meir a affirmé que "l'une des questions urgentes
à laquelle sera confronté Mitchell est ce qu'il faut faire avec le Hamas,
spécialement dans le sillage de la guerre de Gaza".
"Une fois qu'il rejoint l'Autorité palestinienne
dans un gouvernement d'union et accepte potentiellement d'embrasser
l'Initiative de paix arabe et tant que le cessez-le-feu est observé,
les Etats-Unis devriont alors reconsiderer leur position vis-à-vis du
Hamas", a estimé Ben-Meir.
Les médias espèrent que le résultat des prochaines
élections générales israéliennes aura aussi largement un impact sur la
politique israélienne contre les Palestiniens, et par conséquent sur
la politique américaine.
En attendant, les divisions entre les différents
groupes palestiniens rendent aussi plus difficile la possibilité pour les
Etats-Unis d'assurer une médiation dans le conflit
israélo- palestinien et leurs négociations de paix.
Sous la médiation égyptienne, les négociations pour
un cessez- le-feu durable entre Israël et les Palestiniens et le dialogue
interpalestinien se poursuivent dans l'incertitude.
Dans un récent éditorial intitulé "Que pouvons-nous
attendre d'un émissaire d'Obama dans la région", l'influent journal
égyptien al-Ahram a minimisé la visite de Mitchell.
"Dans la mesure où la question (palestinienne) est
sous contrôle, alors il n'y a pas à se presser sur comment elle peut
être gérée plus tard", a affirmé l'éditorial.
"Nous attendons la participation dans la
reconstruction de la bande de Gaza", a indiqué le texte, ajoutant :
"Ensuite nous attendrons que l'envoyé américain place les deux parties en
guere autour d'une table de négociation pour conclure une paix juste et
durable" dans la région.