ADDIS-ABEBA, 2 février (Xinhua) -- Les dirigeants et
représentants d'une cinquantaine de pays membres de l'Union
africaine (UA) ont entamé officiellement lundi leur 12e session
ordinaire de l'Assemblée de chefs d'Etat et de gouvernement à
Addis-Abéba.
La veille, une session spéciale d'une journée
consacrée au " gouvernement de l'union" de l'Afrique a abouti à une
décision de créer une nouvelle autorité de l'UA, instance exécutive
chargée de préparer un gouvernement d'unité ré unissant les 53 pays du
continent.
Le thème de ce sommet est le "développement des
infrastructures en Afrique", avec un accent mis sur les
investissements en matière de transport et d'énergie.
Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a été élu à
cette occasion à la tête de l'organisation panafricaine pour les douze
prochains mois, en succession au président tanzanien Jakaya
Kikwete.
Lors de la cérémonie d'ouverture, le président de la
Commission africaine (CE), Jean Ping, le secrétaire général des
Nations Unies, Ban Ki-Moon, le secrétaire général de la Ligue arabe,
Amr Moussa, ainsi que des dirigeants africains ont pris parole sur une
série de dossiers majeurs, avec comme point d'orgue la sécurité, les
infrastructures et la crise financière mondiale.
Dans son discours, le président de la Commission de
l'Union africaine (UA), Jean Ping, a dressé lundi un bilan exhaustif sur
l'évolution,négative et positive tout à la fois, de la paix et de la
sécurité en Afrique.
Il a évoqué la situation au Madagascar, qui traverse
actuellement une crise socio-politique, appelant à un sens de la
responsabilité nationale de toutes les parties en vue de dégager
rapidement une solution de sortie de crise durable,respecteuse de la
légalité constitutionnelle.
Il a déploré la résurgence des coups d'Etat en
Afrique, faisant état de deux changements anticonstitutionnels survenus en
l'espace de six derniers mois, à savoir le coup d'Etat en Mauritanie
en août et celui en Guinée en dé cembre.
"Il s'agit là, d'une évolution particuliè rement
préoccupante qui marque une véritable régression politique requérant de la
part des instances compétentes de notre union", a-t-il révélé.
En outre, il a fait part de sa préoccupation à
l'égard de l'impasse du Sahara occidental et du trafic de drogues lié à la
criminalité organisée transfrontalière en Afrique de l'ouest.
La persistance de conflits ouverts et la
multiplication de foyers de tension latente, avec la montée de nouvelles
menaces globales, minent toutes les initiatives visant à asseoir la
stabilité sur le continent, a martelé M. Ping.
Outre les revers, le président de la commission a
tout aussi salué des avancées significatives enregistrées dans la gestion
des certaines crises sur le continent.
En République démocratique du Congo (RDC),
l'arrestation du général Laurent Nkunda et la reprise du dialogue direct
entre la RDC et le Rwanda font espérer des perspectives très prometteuses,
tandis qu'en Somalie, l'ONU a exprimé son intention d'établir une
opération onusienne de maintien de la paix destinée à prendre la
relève de la Mission de l'Union Africaine en Somalie (Amisom), a
affirmé M. Ping.
Au Darfour, l'Opération hybride UA-ONU au Darfour
(MINUAD) compte atteindre les 80% de ses effectifs en mars prochain.
Il s'est par ailleurs fécilité de l'élection à
Djibouti du nouveau président somalien cheikh Sharif Cheikh Ahmed, et du
bon déroulement des élections législatives en Guinée Bissau, des
présidentielles en Zambie, en Afrique du Sud et au Ghana.
Parmi les autres progrès encourageants en matière de
paix et de sécurité, M. Ping a cité entre autre la poursuite des efforts
de paix et de reconstruction post-conflit au Burundi, aux Comores, au
Liberia, en Sierra Leone, en Ré publique centrafricaine et au Sud-Soudan,
et le grand pas accompli au Zimbabwe vers la sortie de crise avec la
décision de former un gouvernement d'union à la mi- février.
Pour sa part, le secrétaire général de l' ONU, Ban
Ki-moon, a appelé les pays africains à prendre des mesures concrètes pour
développer les infrastructures, et à conjuguer leurs efforts pour
relever les défis que présente la crise financière.
Dans son allocution, M. Ban a souligné que le
développement des infrastructures est la clé pour la croissance économique
et les progrès sociaux en Afrique.
"L'Afrique a besoin de bonnes routes, écoles et
hopitaux, ainsi que des installations hydrauliques sures et efficaces, des
réseaux d'é lectricité et de télécommunication, tandis que les
technologies d'informatique et de communications doivent
également faire partie importante de l'avenir de l'Afrique", a noté M. Ban.
Il a appelé toutes les parties à mobiliser les
ressources et investir davantage sur la construction des infrastructures
en Afrique. "Investir dans les infrastructures de l'Afrique est la
pierre angulaire du développement de l'Afrique", a fait remarquer le
chef de l'ONU.
En ce qui concerne l'actuelle crise financiè re
mondiale, M. Ban a sonné l'alarme sur les éventuels impacts qu'exerce la
tourmente financiè re sur le continent africain.
"La crise économique planétaire est sans pr écédent
en envergure et en étendue", a averti M.Ban, ajoutant que les effets
négatifs de la crise porteront atteinte non seulement à la
croissance et au commerce, mais aussi à la lutte africaine contre la
pauvreté.
Face à cette crise, M. Ban a appelé la communauté
internationale de prendre en considération les besoins des pays les
plus pauvres et fournir des packages de stimulation pour aider à atteindre
les Objectifs de développement du Mill énaire.
Outre lesdits dossiers, les dirigeants
africains ont abordé aussi la question de la Palestine.