
(Photo: Xinhua)
GAZA, 22 janvier (Xinhua) -- Après le
départ du dernier soldat israélien de Gaza mercredi, exactement quatre
jours après l'annonce d'un cessez-le-feu unilatéral par Israël, qui a mis
fin à une offensive militaire de 22 jours sur l'enclave
palestinienne, ce qui préoccupe les Gazaouis maintenant est ce qui
arriverait après.
Juste après la fin de l'agression israélienne, 1,5
millions de Palestiniens étaient choqués de voir l'importance des
destructions et les chiffres horibles des pertes humaines causées par
l'opération militaire israélienne: environ 1.400 personnes ont
été tuées, 5.500 blessées, 4.000 maisons détruites, et les
infrastructures gravement endommagées.
Alors qu'ils inspectaient leurs maisons détruites et
enterraient leurs êtres chers dans les larmes, la question
lisible dans leurs yeux est ce qui les attend ensuite, une autre guerre
ou une percée positive mettant fin aux souffrances et évitant les
violences.
"J'espère qu'après toute cette guerre et cette
longue souffrance du blocus qui a duré presque deux ans, les parties
seront capables de parvenir à un accord qui ouvre les points de
passage et unifie la bande de Gaza à la Cisjordanie sous un seul
gouvernement et une seule autorité", a indiqué Khalid Shahwan, un
universitaire palestinien.
Mais les analystes palestiniens sont divisés quant à
la réponse à cette question, certains pensent que cette guerre a ramené les
Palestiniens et Israël au point de départ, alors que d'autres se
montrent plustôt optimistes en raison des changements aux Etats- Unis
et en Israël.

(Photo: Xinhua)
"Je pense que la situation entière est très
compliquée. Le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a des profondes
disputes avec le président Abbas et le Fatah, qui dirige la Cisjordanie",
a indiqué Talal Oukal, un analyste palestinien.
Il a ajouté que tout est rattaché à une
réconciliation historique entre les deux principaux groupes rivaux, "et
une fois qu'ils s'entendent, je crois que les autres problèmes pourront
être insignifiants et être résolus par des voies diplomatiques entre
Israël et les Palestiniens."
Toutefois, il a prévenu que si les deux parties ne
réussissent pas à se réconcilier beintôt, "Je crois que la situation
resterait la même parce que l'Occident conduit par les Etats-Unis, y
compris Israël, ne veulent pas discuter directement avec le Hamas qui
refuse de condamner la violence ou de reconnaître Israël."
Il a ajouté que les questions susceptibles d'être
résolues par voies diplomatiques, si le Fatah et le Hamas se réunifient et
s'entendent sur la réconciliation, sont "la libération du soldat
israélien captivé Gilad Shalit et la réouverture des points de
passage vers Gaza, y compris le point de passage de Rafah à la
frontière entre Gaza et l'Egypte."
D'autres analystes, qui se sont montrés optimistes,
pensent que le nouveau président américain Barack Obama changerait la
situation issue des politiques de son prédecesseur George W.
Bush, notamment dans la région du Moyen-Orient.
"Je pense que M. Obama résoudra le problème à partir
de ses origines, où il pourra quitter l'Irak et l'Afghanistan et
tiendrait des discussions de paix avec l'Iran. Au cas où ces
négociations ont lieu, je pense que cela pourra avoir un impact
positif sur les relations entre les deux groupes rivaux
palestiniens", a indiqué Hisham Abu Taha, un autre analyste
palestinien.

(Photo: Xinhua)
Il a ajouté qu'il était évident que le Hamas était
un allié du camp iranien qui comprend la Syrie, le Qatar et le Hezbollah,
pendant que le président Mahmoud Abbas et son Fatah sont soutenus
par le camp américain qui comprend Israël, l'Egypte, la Jordanie,
l'Arabie saoudite et certains pays européens.
"C'est le seul moyen de résoudre complètement la
crise du Moyen- Orient, pour combler les fossés entre les deux camps, et si
les deux camps parviennent à une réconciliation, je pense que le
Fatah et le Hamas mettront un terme à leurs disputes", a dit Abu
Taha.
D'autres Gazaouis se sont montrés peu interessés par
la suite, parce que préoccupés à rentrer dans leurs maisons qu'ils ont
abandonnées dans la fuite et au début du long cauchemar qui a duré 22
jours.
"Je ne veux pas savoir ce qui viendra après, la
seule chose qui me préoccupe actuellement est comment nourrir mes enfants,
comment trouver un emploi et comment reconstruire ma maison", a indiqué
Ahmed el-Dabba, un employé palestinien.
Il a ajouté que "lorsque je me réinstalle et que la
situation s'améliore politiquement au cours de la trêve d'un an dont
parlent le Hamas et Israël, et quand Gaza sera reconstruit alors nous
saurons ce qui viendra après."