WASHINGTON, 21 janvier (Xinhua) -- Le premier
discours prononcé par le nouveau président américain Barack Obama après
son investiture donne des signes d'un changement possible de la
politique extérieure des Etats-Unis.
M. Obama est devenu mardi le premier président
afro-américain des Etats-Unis, suscitant des espoirs et des attentes de
changement à travers le monde.
Mais le nouveau président américain a hérité de son
prédécesseur George W. Bush une "diplomatie de cowboy", dont les
guerres en Afghanistan et en Irak, ainsi que d'une image ternie des
Etats-Unis dans le monde.
M. Obama a déclaré dans son discours que la
politique de son administration conduirait vers le multilatéralisme et
"les qualités d'humilité et de retenue".
Il a déclaré vouloir dévier de la politique de son
prédécesseur sur la sécurité nationale.
L'administration Bush, après les attaques
terroristes du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, avait placée la lutte
antiterroriste au centre de sa politique extérieure et
sécuritaire.
Sous ce prétexte, les Etats-Unis ont envahi l'Irak,
menacé ses rivaux d'attaques préventives et autorisé des arrestations et
des détentions injustifiées, rendant non seulement tendues ses
relations avec le monde musulman, mais également avec certains de
ses alliés traditionnels.
M. Obama a promis des changements. "Envers le monde
musulman, nous cherchons une nouvelle voie à suivre, basée sur l'intérêt
et le respect mutuels", a-t-il affirmé.
"Notre pouvoir à lui seul n'est pas suffisant pour
nous protéger, pas plus qu'il ne nous autorise à faire ce qu'il nous
plaît", a déclaré M. Obama, faisant référence à la politique
unilatérale très critiquée de l'administration Bush.
Il a déclaré que les Etats-Unis chercheraient "une
plus importante coopération et compréhension entre les nations".
"Avec nos vieux amis et nos anciens ennemis, nous
travailleront sans relâche à réduire la menace nucléaire", a-t-il ajouté,
laissant entendre qu'il s'efforçait de traiter les dossiers relatifs
à la prolifération nucléaire, tels que le dossier nucléaire iranien, par
le biais de la coopération et des voies diplomatiques.
Concernant l'Irak, M. Obama a réaffirmé sa promesse
de retirer les troupes américaines d'Irak d'ici 16 mois, une opération
qu'il qualifie de "départ responsable".
Contrairement à l'administration Bush, qui refusait
de contrôler les émissions de gaz à effet de serre, M. Obama s'est
engagé à ce que son pays s'implique plus activement dans la lutte
internationale contre le réchauffement de la planète.
Dans le premier discours d'Obama, le monde pourrait
entrevoir une réorientation possible de la politique extérieure des
Etats-Unis avec les premiers signes d'un multilatéralisme.
Mais des analystes ont mis en garde la
population contre de trop grands espoirs, Washington devant prendre du temps
pour procéder à de réels changements, en raison de la gravité de
la récession de l'économie américaine et des profondes
divisions avec plusieurs autres pays provoquées par ses politiques passées.