MEXICO, 21 janvier (Xinhua) -- Les pays
latino-américains ont un espoir après l'investiture de Barack Obama en
tant que 44e président américain.
Le nouveau gouvernement américain est censé tourner
la page sur ce que beaucoup ont perçu comme l'"unilatéralisme de cow-boy"
des années Bush, en embrassant la coopération multilatérale, mais
plusieurs pays latino-américains ne s'attendent pas à de grands
changements.
DE GRANDS DEFIS
Les relations américano-cubaines constituent un
grand défi pour l'administration Obama. Le dirigeant cubain, Raul Castro, a
déclaré qu'il souhaite s'entretenir avec M. Obama et mettre fin aux
relations hostiles entre les deux pays.
En décembre 2008, plus de 30 pays sont parvenus à un
consensus lors d'un sommet latino-américain-caraïbes, pour
appeler les Etats-Unis à lever leurs sanctions économiques vieilles de
presque cinq décennies frappant Cuba.
Lors de sa campagne présidentielle, M. Obama s'est
engagé à permettre aux Américains d'origine cubaine de voyager et de faire
des envois de fonds à leur famille à Cuba.
Un autre épineux problème pour l'administration
Obama est le traitement des relations avec le Venezuela, qui a adopté une
attitude anti-américaine.
Le président vénézuélien, Hugo Chavez, a indiqué
mardi que "l'arrivée d'Obama marque réellement un changement dans les
relations américaines avec les pays du tiers monde".
Il espère que M. Obama "regardera l'Amérique latine
avec une nouvelle vision, avec un nouveau respect envers les démocraties
et les changements" dans la région.
Cependant M. Chavez n'a pas beaucoup d'espoir pour
de grands changements, précisant que "personne ne se fait d'illusion.
C'est l'empire américain".
Dans le cas du Venezuela, "l'attitude
anti-américaine est considérée par des observateurs comme un important
moyen pour M. Chavez de maintenir le soutien intérieur".
Par conséquent, il sera difficile d'améliorer les
relations bilatérales entre les deux pays à court terme, ont indiqué des
observateurs.
SUJETS MOINS IMPORTANTS SUR L'ORDRE DU JOUR
D'OBAMA
Au moment où M. Obama inaugure une "nouvelle ère"
pour l'Amérique, il fait face à une situation politique et économique
complexe. Dans un entretien accordé au magazine Time, M. Obama a
affirmé que sa première tâche en tant que président américain
sera d'ordonner le retrait des troupes d'Irak et de charger son équipe
économique de s'attaquer au ralentissement économique et au chômage
à deux chiffres. Par conséquent, l'Amérique latine ne se trouvera pas en
haut de son ordre du jour en matière de politique étrangère.
Carlos Malamud, universitaire et chercheur sur
l'Amérique latine au Real Instituto Elcano à Madrid, a indiqué que M.
Obama ne fera pas de grand changement dans la politique américaine
envers l'Amérique latine et que le pragmatisme dominera la politique
étrangère obamienne.
Toutefois M. Obama ajustera probablement
la politique américaine envers l'Amérique latine et fera quelques
gestes symboliques tels que la fermeture de la base navale américaine
à Guantanamo et il adoucira les relations américaines avec
l'alliance anti-américaine formée par Cuba, l'Equateur, le Venezuela et la Bolive,
a ajouté M. Malamud.