(Photo d'archives :
Xinhua/Reuters)
BEIJING, 11 janvier
(Xinhua) -- Le futur président américain Barack Obama a révelé jeudi un
plan massif de relance de l'économie très anticipé, prévoyant d'énormes
dépenses et de grosses réductions des taxes, afin d'injecter l'adrenaline
dans l'économie mal en point.
Toutefois, comparé aux 700 milliards de dollars du
plan de sauvettage de l'administration Bush en octobre, qu'est-ce qu'il y
a de nouveau dans le plan d'Obama? Sortirera-t-il l'économie
américaine du bourbier comme certains se sont empressés de le
déclarer?
BEAUCOUP D'ARGENT
Le montant du plan de relance d'Obama pourrait
atteindre une remarquable somme de 775 milliards de dollars, voire même
plus, dépassant le paquet fiscal déjà énorme de 700 milliards de
l'administration Bush. Obama a même laissé entendre que de nombreux
économistes croyaient que la somme n'était pas suffisante pour tirer la
coque de l'eau, au contraire le paquet devrait atteindre entre 800
milliards et 1,3 trillions de dollars.
L'économie américaine a été lourdement frappée par
la crise qui est partie de l'éclatement des bulles de crédits financiers et
de consommation qui s'amoncelaient depuis des années. Le Bureau
national de recherche économique a annoncé en décembre 2008 que
l'économie américaine était véritablement entrée en récession depuis
décembre 2007.
Cinquante analystes économiques interrogés par le
magazine Blue Chip Economic Indicator en décembre, ont prédit que même si
le plan de relance d'Obama fonctionne et obtient de bons résultats,
l'économie américaine ne pourra pas se redresser de si tôt, du moins
pas au courant de la première moitié de 2009.
Au cours de l'hiver économique où l'économie réelle
est durement frappée, marquée par la perte de confiance des
investisseurs, une faible consommation des menages et un taux élevé
de chômage, le gouvernement américain doit prendre des mesures fortes pour
briser la glace.
UN IMPACT ECONOMIQUE CONSIDERABLE
Si le plan de relance de Bush a été un traitement
immédiat de sauvetage au moment critique de la crise, alors, le plan de
redressement d'Obama peut être considéré comme une série
d'" opérations chirurgicales" sur plusieurs industries afin de
réparer le dommage, qui produiront un impact économique plus
considérable, dans le but ultime de sortir le pays de la récession après un
certain temps.
Il a été rapporté que le plan de relance d'Obama,
destiné à sauver ou créer 3 millions d'emplois, pourra inclure de l'argent
pour construire des infrastructures, investir dans l'éducation, les
soins de santé et Internet, ainsi que la promotion des énergies
renouvelables dans les bâtiments fédéraux et les maisons normales. Il
pourrait aussi inclure plus de 300 milliards de dollars de réduction des
taxes pour les entreprises et des individus après les négociations entre
le futur président et le Congrès.
UNE POLITIQUE POPULAIRE
Comparé à la bataille inconfortable de bascule au
sein de la minorité républicaine du Congrès lors du débat sur le plan de
relance de Bush l'année dernière, il est plus probable que le plan de
redressement d'Obama bénéficie d'une adoption plus aisée au congrès.
Alors que la crise financière a envahi l'économie
réelle, une situation de détérioration est prévisible. Les membres du
Congrès et le public ont pris conscience de la nécessité et de l'urgence
de la prise des mesures efficaces et immédiates pour aborder la
crise.
Après l'incapacité de plusieurs mesures
gouvernementales, dont la baisse des taux d'intérêt et l'injection des
fonds dans des institutions financières, à aboutir à des résultats
souhaités, de nombreux partis ont focalisé leurs regards pleins d'espoir
sur le plan d'Obama pour sauver l'économie.
La double majorité des démocrates à la fois au Senat
et à la Chambre des réprésentants pourrait aussi donner le feu vert au
plan d'Obama. La présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, aurait
promis de recommander fortement au Congrès de faire passer le plan de
relance d'Obama avant l'investiture le 20 janvier.
Il est largement espéré que le paquet de
redressement pourra aider à réduire la récession et à accélerer le
redressement de l'économie américaine.
Toutefois, les membres du Congrès des deux partis
ont exprimé de profondes inquiétudes au sujet du stupéfiant déficit
budgétaire de 1,2 trillions de dollars de cette année fiscale avant même
tout nouveau plan de relance.
Le président de la commission budgétaire du Sénat,
Kent Conrad, a même prévenu que ce montant du déficit pourrait non
seulement apparaître au cours de l'année fiscale 2009, mais probablement
dans chacune des dix prochaines années.
"Oui, notre économie a besoin d'aide, mais au bout
du compte combien de dettes allons-nous accumuler sur les générations
futures?" a demandé le leader républicain de la Chambre John
Boehner.
"Nous ne pouvons pas obtenir la prosperité avec de
plus en plus de dépenses gouvernementales", a-t-il relevé.