JERUSALEM, 8 janvier
(Xinhua) -- Plusieurs roquettes ont été tirées jeudi matin du sud du Liban
sur le nord d'Israël, mais les analystes ont minimisé la possibilité que
cet incident se développe au point d'ouvrir un deuxième front pour l'Etat
hébreu.
Selon le porte-parole des Forces israéliennes de
défense (FDI), jusqu'à présent quatre roquettes ont atterri sur le nord
d'Israël depuis jeudi matin, entraÎnant plusieurs blessés légers, et
Israël a répondu juste en tirant plusieurs obus de mortiers à la
frontière, visant "la source du tir".
On ne sait pas encore si les roquettes ont été
tirées par le mouvement libanais Hezbollah ou par les organisations
palestiniennes au Liban agissant solidairement avec le Hamas. Ce
dernier a nié jeudi être responsable de ces tirs de roquettes.
Les habitants du nord d'Israël ont repris le cours
de leur vie normale, a indiqué le porte-parole des FDI.
Les attaques de roquettes interviennent, alors que
les soldats israéliens poursuivent leur opé ration "Plomb durci" dans la
bande de Gaza.
"Ces attaques de roquettes depuis le nord du Liban
sont un incident isolé et limité", a estimé Eyal Zisser, professeur à
l'université de Tel Aviv, joint au téléphone par un journaliste
de Xinhua.
Elles auraient été menées par de petits groupes
militants palestiniens au Liban pour montrer leur solidarité avec le
Hamas, a indiqué M. Zisser, et d'ajouter qu'il est possible que plus de
roquettes soient tirées du sud du Liban sur le nord d'Israël à
l'avenir.
Moshe Maoz, professeur à l'université hébraïque, a
fait écho aux remarques de M. Zisser, et a déclaré que les chances d'une
autre guerre pour Israël dans le nord d'Israël sont très minces.
MM. Zisser et Maoz sont d'accord pour dire qu'il est
peu probable que le Hezbollah soit derrière ces attaques de
roquettes, même s'ils n'écartent pas cette éventualité.
Personne au Liban, y compris le Hezbollah, ne
souhaite une autre guerre contre Israël, a souligné M. Zisser et d'ajouter
que toutes les parties en Israël et au Liban souhaitent maintenir le
calme à la frontière.
En juillet 2006, une guerre avait éclaté entre
Israël et le Hezbollah libanais, provoquée par l'enlèvement par le
Hezbollah de deux soldats israéliens. Après 34 jours d'intenses combats qui
ont tué 1.000 Libanais et 130 Israéliens, un cessez-le-feu de l'ONU
est entré en vigueur entre Israël et le Liban le 14 août 2006.
Selon M. Maoz, le Hezbollah possède son propre
agenda politique, et pour le moment, le groupe ne veut pas de conflit
avec Israël.
Toutefois, alors que l'opération "Plomb durci" se
poursuit, l'armée et la police israéliennes sont restées vigilantes dans
le nord, de peur que le Hezbollah ne lance des attaques. Israël a
mis en garde le groupe que si ce dernier allumait un second front,l
'Etat hébreu répondrait massivement.
Samedi dernier, juste après le lancement de l'
incursion terrestre des FDI sur Gaza, le ministre israélien de la Défense,
Ehud Barak, a émis la possibilité d'une escalade des violences dans
le nord d'Israël, le long de la frontière avec le Liban.
"Nous espérons que le front nord restera calme mais
nous sommes prêts à faire face à toute possibilité", a-t-il déclaré à
la nation lors d'une conférence de presse télévisée spé ciale.