DAKAR, 6 janvier (Xinhua) -- La majorité des
participants aux Etats généraux de la démocratie (EGD), tenus du 27
décembre au 6 janvier à Nouakchott en Mauritanie, ont préconisé une
modification partielle de la Constitution, notamment les articles
concernant l'élection du président de la République et sa destitution,
l'équilibre des pouvoirs du chef de l'Etat et du parlement, et la
définition d'un statut constitutionnel des forces armées, a-t-on
appris mardi de sources en provenance de Nouakchott.
Le rapport final de ces consultations lu et approuvé
lundi en séance plénière révèle que certains participants ont suggéré le
réaménagement, la suppression ou la fusion sous plusieurs variantes
des autres institutions constitutionnelles (Sénat, Haut Conseil Islamique,
Conseil constitutionnel et la Cour des comptes), selon l'Apanews.
Le document indique aussi que plusieurs participants
ont déploré le caractère pléthorique des partis politiques et demandé
la mise en oeuvre de mesures incitatives pour leur regroupement
en entités viables.
Pour ce qui est de l'interdiction des candidatures
indépendantes, le document précise que le thème a été abondamment
abordé par certains participants qui ont indiqué qu'il est à la
source du blocage institutionnel constaté.
Au sujet du calendrier électoral, les participants
ont opté à titre indicatif pour la tenue du 1er tour de l'élection
présidentielle le samedi 30 mai 2009 et le second tour le samedi 13
juin 2009, précise le rapport.
La rencontre a rappelé l'intérêt stratégique de
certaines valeurs nationales majeures ou demandes sociales comme l'Islam
et sa place centrale dans la société, la démocratie, l'unité
nationale, l'éradication des séquelles de l'esclavage à travers
notamment l'application effective de la loi criminalisant cette
pratique et le retour et la bonne insertion des réfugiés.
La prise en compte du problème des rapatriés du
Sénégal, la régularisation de la situation des militaires exclus de
l'armée, le règlement définitif du passif humanitaire, l'officialisation
et la promotion de toutes les langues nationales, ont occupé une
bonne place dans les discussions de ce forum.
Durant dix jours, les participants ont traités
toutes les questions au niveau de sept principaux ateliers. Ils ont ainsi
parlé des organisations des pouvoirs publics, l'organisation des
élections, leur supervision et leur observation, le calendrier
électoral, la société civile et la presse, ainsi que du rôle des
maires dans les communes.
Pour M. Timéra Bubou, ancien ministre, la séparation
des pouvoirs publics devient une nécessité démocratique pour éviter
des crises qui bloquent le fonctionnement de l'Etat.
Le président déchu Sidi Mohamed
Ould Cheikh Abdallahi et la coalition qui le soutient boycottent
ces concertations initiées par la junte au pouvoir depuis le août 2008, pour
préparer le retour à la vie constitutionnelle normale.